jeudi 20 février 2014

Digital Publishing : Statistiques 2014


Adobe présente, fin 2013, quelques statistiques sur les usages des tablettes aux USA. Des données fraîches qui affirment la vocation immersive des publications numériques et un succès relatif de la solution DPS, à décrypter.

Rappelons d'abord que les USA sont traditionnellement plus ancrés Apple et Adobe que l'hexagone, plus équilibré entre iOS et Android ainsi qu'entre Adobe et d'autres solutions de publication concernant l'édition numérique.

Dans son rapport, Adobe montre que 80% des publications digitales sont montées depuis DPS, pour les USA. Les autres solutions n'ont en effet pas encore gagné en visibilité auprès des éditeurs du pentagone. Et on peut se demander si la quantité vaut la qualité. Si chaque utilisateur de Adobe CC publie en effet son seul book personnel via un export gratuit vers iOS intégré dans son abonnement, cela fait déjà de nombreux émules "non business". Néanmoins, rappelons que Adobe possède la meilleure solution de tracking d'audience et que cela peut en revanche séduire bon nombre d'institutionnels et de marques. Mais ce chiffre n'est donc pas percutant en soi.

La durée de lecture : 50' d'audience en moyenne par magazine enrichi au format application, au lieu de 15' pour le même magazine en version PDF ! Une donnée qui change, ici, littéralement la donne ! Votre publication peut donc se financer par des publicités (soumises à audience) si elle est exportée en application et diffusée gratuitement, plutôt qu'en PDF, lequel devra soit être vendu, soit réservé à un partage gratuit d'appoint mais peut lu. Un nouveau modèle économique s'affirme, celui de la presse gratuite, enrichie et financée par de la publicité (voir l'exemple de "Bande à part").

A noter aussi, Adobe annonce que 97% des chargements se font sur iOS et 3% sur Android. Pour relativiser cette annonce qui semble manifester l'engouement pour l'iPad, rappelons aussi que l'export Android de DPS n'offre pas toutes les fonctionnalités, que le ticket d'entrée imposé par Adobe est de l'ordre de 5000€ pour diffuser sur Android, alors qu'elle est incluse dans votre abonnement pour iOS. De fait donc, le nombre de parutions DPS disponibles sur Android est infime, et par voie de conséquence, leur nombre de téléchargement. Ce chiffre est donc plutôt défavorable à l'approche Adobe DPS qui semble finalement mal gérer la diffusion vers Android, d'où sa non présence dans les rapports publics. Il n'en demeure pas moins que 80% des achats sur les tablettes se font sur iOS, mais pas forcément via DPS. Une nuance de taille.

Pour terminer sur les chiffres, en janvier 2013, en France, ce sont désormais 18% de foyers qui sont équipés de tablettes avec un rapport équilibré entre iOS et Android, mais toujours plus favorables à l'achat pour iOS. Sauf que, si on relève les précédentes données indiquant que le marché allait probablement évoluer vers du gratuit financé par des publicités, la tendance pourrait au contraire prochainement bien évoluer en faveur d'Android plus que iOS, du fait qu'Android cible largement le public avide de gratuité.

En conclusion, les données relevées par Adobe sont favorables autant à Adobe qu'aux plugins concurrents. Mais, ce qu'Adobe n'a pas relevé et qui entre totalement cependant à leur avantage, c'est que si le modèle économique des parutions tend à devenir gratuit, alors, Adobe qui offre la meilleure solution de tracking pub pourrait bel et bien devenir incontournable. Il leur reste à ouvrir un peu plus la solution vers Android... et Microsoft.

A suivre.

mercredi 19 février 2014

Skillbees : les tutos du management



Les MOOCs ont le vent en poupe. Skillbees.com est un nouveau site de formation en ligne ciblé Manageur de projet et RH. Il propose des formations vidéos sur des sujets corporate, incontournables pour devenir manageur.

La plateforme est un service développé par Elephorm, plateforme déjà connue pour ses nombreux tutos techniques et artistiques. Les formations Skillbees sont disponibles à la carte ou par abonnement.

Chaque formation suit un plan précis et dure de 1h à 8h. Tout d'abord une première partie est dédiée aux fondamentaux du métier ou de la compétence à maîtriser. Ensuite chaque formation contient un ou plusieurs cas pratiques qui invitent le client à se mettre en situation. Enfin, le client est invité à remplir un quizz pour valider ses compétences.

Le site est encore en version beta, mais il va continuer de se déployer tranquillement. Il contient déjà des formations très intéressantes.

Su suggestion, Lionel Drouin, dirigent de Elephorm, vous offre une remise de 1 mois pour toute formule d'abonnement souscrite exclusivement à partir de ce blog ! Je n'en demandais pas tant. Profitez-en ! Pour accéder à l'offre de remise, suivez ce lien en spécifiant le code de réduction suivant 
C150213 :

Skillbees.com

Exemple d'une entrée sur la formation intitulée Révolution-Y.


Indesign : Exporter en HTML5 avec in5

InDesign est le logiciel de mise en page par excellence, base de toute édition numérique (pdf, epub, application, swf, HTML sans animation ni interactivité). Voici Ajar in5 (prononcer "inFive"), un plugin InDesign pour exporter en HTML5, compatible avec la plupart des enrichissements DPS et Flash, compatible avec les animations natives de InDesign :

http://ajarproductions.com/pages/

Il permet entre autres de :
  • Gérer plusieurs standards d'export HTML pour le Web ou les webApps.
  • Gestion du texte en texte ou SVG
  • Navigation Swipe pour les écrans tactiles
  • Gestion vidéo Flash et HTML5
  • Gestion Audio
  • Option Zoom
  • Support des Overlays Adobe DPS : Slideshows,Web Content, Image Sequence, and Pan & Zoom, Scrollable Frame
  • Support des animations InDesign natives
Tarifs d'une licence monoposte : 239$.

Merci à Loïc pour le lien !

dimanche 16 février 2014

Polaroid socialmatic : leçon de création


C'est en 2014 que Polaroid parvient à se réinventer, soit 20 ans après le début de la photo numérique ! Voici Polaroid socialmatic.

C'est en effet après de nombreux échecs de persistance de recyclage de formules obsolètes que la marque, qui a bien failli faillir, ressort du joug, poussé par la nouvelle génération d'utilisateur et les réseaux sociaux, frainds eux d'objets vintage qui ont une âme. Tiraillée entre maintenir un modèle existant ou faire table rase, ce qui a freiné Polaroid, c'est son entêtement à croire que l'ancien système pouvait perdurer, voire que copier des mécanismes de capture instantanée stérile, et sans impression, pouvait satisfaire une clientèle fan des objets usés, des objets d'affect, du réel et tremblé fait main, du cricuit court.

Moralité, les nouveaux schémas ne viennent jamais de ceux qui sont en place, mais bien de ceux qui tentent l'aventure en réinventant toujours de le monde et ses usages.


Pour rappel, Edward H. Win, l'inventeur du Polaroid, ne reçut que 10 000$ de remerciement pour son invention avant de se faire licencier. Jobs, lui-même, qui adulait Win, fut renvoyé par ses pairs parce qu'il n'entrait pas dans le schéma de son associé venu d'une certaine marque de soda et qui voulait stériliser la marque à la pomme.

Vive les inventeurs ! Ces jets qui fusent dans de multiples directions mais que dont commun ne sait identifier la direction. Jobs ne manquait pas de rappeler aussi que la création consiste d'abord à semer des tas de graines, et à attendre que l'une d'entre elles se mette à pousser. La création, ce n'est en effet pas du clonage ni de l'eugénisme, mais bien l'essai perpétuel et la remise en cause permanente de ses propres acquis.

A bons entendeurs.

samedi 15 février 2014

Web document : HTML5 vs SWF


Plusieurs amis réalisateurs et producteurs de web documents me demandent quel format est à préférer encore aujourd'hui pour réaliser un webdoc sympa et personnalisé. Certains projets se font encore en Flash. Flash est-il encore gérable en production ? HTML5 peut-il suffire ? Voici mon observation.

Le web document (entendre site Web incluant une grande part de contenu audiovisuel et didactique) se réalisait habituellement au format Flash SWF, compte tenu de la probance de ce format dans l'usage des médias et de la vélocité des animations qu'il permettait. Lors de l'arrivée des plateformes mobiles, des solutions hybrides, telles que Klynt ou Djehouti, ont permis d'accompagner la publication d'un web document vers le format HTML, lorsque le player Flash n'était pas disponible. Mais au prix d'un nivellement de l'interactivité vers le bas.

Grâce aux nouveaux outils HTML5, tels que Edge Animate, Hype, qui permettent d'animer en codant peu, on peut reproduire bon nombre de mécanismes connus de Flash. Ainsi, des web documents commencent à déferler au format HTML5 animé, et non plus seulement en HTML statique, de manière plus graphiques que la première génération de web doc dits full HTML.

Les outils comme Flash et Klynt restent cela dit intéressants, pour des projets vraiment ciblés pour le premier, ou du prototypage pour le second.

Voici deux exemples de projets assez significatifs des usages en vigueur que je vous recommande d'analyser : Fort Mc Money (version full Flash) et Hollow documentary (version full HTML5).

Fort Mc Money : http://www.fortmcmoney.com/#/fortmcmoney


Hollow documentary : http://hollowdocumentary.com/


On peut s'interroger sur l'intérêt de déployer encore un projet au format Flash SWF compte tenu des récentes évolutions du standard HTML5 lequel embarque son lot de librairies Javascript qui autorise des interfaces des plus fluides.

Si le projet supporte financièrement le moyen de déployer un format spécifique pour le Web, complémentaire d'un autre produit à destination des tablettes et/ou des smartphones, oui, le choix artistique de Flash pour le Web demeure encore judicieux (production rapide, effet garanti, accessibilité favorable pour ce qui est de la vidéo). Reste que peu de productions ont les moyens de France television pour financer à hauteur de 600 000€ un projet comme Fort Mc Money. Les possibilités techniques disponibles à ce jour en HTML5 couplées éventuellement à une application mobile sous licence suffisent pour la plupart des créations. Donc, Flash est-il désuet ? Il n'est probant que si vous parvenez à disposer d'un gros financement pour développer un projet par canal de communication, en somme. Sinon, misez naturellement sur HTML5 pour une diffusion Web et mobile.

vendredi 14 février 2014

Comparatif des licences Digital Publishing

Les solutions de digital publishing se multiplient et le marché qui s'aiguise au fil du temps. Voici un rappel des tarifs pratiqués par les principaux éditeurs de solution permettant de réaliser des publications digitales au format application.

Rappelons que le format application offre une solution monétisable de vos parutions, de manière plus sécurisée que sous un autre format (PDF, Web HTML ou SWF) car la solution passe par les stores des tablettes. En outre, l'achat se confirmant par un simple mot de passe, l'action est indolore pour l'utilisateur (exit les formulaires fastidieux) et garantie, de ce fait, un meilleur taux de vente sur les achats surtout impulsifs.

Pour viabiliser un projet d'édition numérique, si son modèle économique repose sur un acte d'achat, c'est donc le format application qui prévaut. Lequel permet aussi de mieux valoriser les contenus à l'aide de fonctionnalités interactives plus véloces et plus avancées, disponibles uniquement dans le format natif de l'OS qu'est l'application.

Les tarifs 2014 que voici sont sujets à évolution, compte tenu de la concurrence que les marques exercent entre elles. Les tarifs de publication des différentes solutions sont tous indépendants de l'acquisition des licences de logiciels de la suite Adobe, à compter en plus. Les coûts de création de comptes Apple developpeur (99$/an) et Google play (25$) ne sont également pas pris en compte.


Adobe DPS
Compte Pro :
4260€HT/an, jusque 5000 parutions et loads pour iOS et Android.
+ 4000€HT/25000 loads supplémentaires (soit 0,16cts/load de 5000 à 30000 loads).
D'autres forfaits loads plus volumineux sont disponibles et dégressifs jusqu'à 0,9cts/load au-delà des 5000 premiers loads.

La politique tarifaire d'Adobe est proportionnelle au volume de téléchargement du fait que c'est Adobe qui gère l'hébergement de vos parutions. Le ticket d'entrée est donc de 4260€HT/an.


Aquafadas
Un kiosque de parutions multiples vaut 500€HT/store/an.
+ 280€HT/parution, une fois. Si vous voulez pouvoir mettre à jour les parutions indépendamment d'une webview, la licence de la parution est à renouveler chaque année.
ou bien,
+ 100€HT/parution pour un PDF enrichi uniquement de vidéos.

La politique tarifaire d'Aquafadas est fixe et indépendante du nombre de téléchargements. Ce qui la rend intéressante sur de gros volumes. Mais il vous revient d'héberger vous-même vos parutions.


Origami engine
99$/mois pour le logiciel d'authoring d'animation et d'interactivité
+ 999$/kiosque ou pour une parution unique
+ 999$/parution à diffuser dans le kiosque


Twixl Publisher
4550€/an pour un nombre illimité de kiosques compatibles iOS, Amazon et Android jusque 20000 loads.
+ 0,0385€/load supplémentaire.


iBooks Author
Gratuit mais limité à iBooks d'iOS.

Origami engine pour iOS


Origami engine est une solution propriétaire très puissante de création de publications digitales pour iOS. Elle se distingue des solutions classiques DPS et Aquafadas par un accès à l'ensemble des spécificités de iOS (gestion 3D, accès caméra, accéléromètre) et le tout sans taper une ligne de code. La solution offre également une grande souplesse dans la combinaisons des effets entre eux, comme m'en témoigne Vincent d'Electricstudio et Ziggourat, collègue formateur PAO et digital.

Exemple de réalisation avec le magazine Karatchi (2011) :


Son prix reste hélas très dissuasif. Compter 999$/application + autant pour chaque parution supplémentaire dans le cas d'un kiosque multi parutions, plus la licence du logiciel qui monte à 99$/mois !

Son interface reste en outre en anglais. L'export se limite à iOS et Amazon. Pour le prix, on aurait aimé une diffusion plus large incluant au moins Android.

Notez par ailleurs que si l'animation 3D est gérée nativement de manière tout-à-fait fluide et probante via Origami, des scènes offrant une spatialité 3D peuvent également se modéliser et s'animer depuis Edge Animate, sans licence supplémentaire, et intégrées dans DPS ou, mieux, via Aquafadas pour, en plus, obtenir de l'interactivité sur des plans 3D Edge qui communiquent avec les éléments de votre mise en page placés dans InDesign, à l'aide de libriairies JS gratuites spécialisées.

Si donc votre budget le permet et si votre publication ne cible que iOS, Origami reste une solution très séduisante. Mais si vous préférez élargir votre visibilité, dans le cadre d'un magazine gratuit financé par de la pub, par exemple, les solutions classiques demeurent plus adaptées.

Pour en savoir plus sur Origami :
http://origamiengine.com/

mardi 11 février 2014

Aquafadas 3.2


Aquafadas vient de publier la version 3.2 du plugin de création d'applications de livres interactifs. Voici une liste de quelques nouveautés :
  • Gestion améliorée du niveau d'annulation ;
  • Mise à disposition d'une fenêtre Aquafadas Connect permanente donnant un accès direct aux dernières nouveautés en temps réel ;
  • Développement de nouveaux jeux (option payante : points à relier, jeu des différences, retrouver un objet caché) ;
  • Gestion intégrée des interactions entre HTML et Indesign, indépendante du logiciel d'animation HTML5 d'Aquafadas qu'est MotionComposer, jusqu'ici unique moyen d'interagir entre HTML et InDesign. Il est en effet possible de gérer désormais des commandes au sein de vos propres pages HTML à partir d'instructions de ce type : <a href="javascript:callAction('MyAction')">; Vous pouvez donc à loisir les associer à des animations Adobe Edge, par exemple, y compris en 3D, grâce à la complétion Greensock dont nous avons déjà parlé sur ce blog. Edge via Aquafadas propose ainsi plus de possibilités que Edge via DPS.
  • Amélioration des exports ePubs vers Amazon ;
  • Organisation des parutions par dossiers, dans la fenêtre Manager du plugin de Indesign.

Consultez ci-dessous la démo en anglais :


Pour en savoir plus :
http://www.aquafadas.com/fr/publication-numerique/