lundi 6 octobre 2014

iPad, iPhone et iWatch sont-il désuets ?


L'ère du smartPhone et de la tablette est-elle derrière nous ?

Remarquez l'évolution rapide des usages à chaque mutation technologique. Et inversement, l'évolution technologique induite par la demande d'usages. L'émergence des services sur mobiles aux écrans larges face au succès mitigé de l'iPad cette année, soulève d'intéressantes questions. L'ipad est-il mort ?

Le téléphone cellulaire des années 90, pauvre en définition et en couleurs, préservait encore notre considération pour les gros ordinateurs. Le smartPhone des années 2008 avait alors absorbé, lui, une partie de nos usages jusque là réservés aux ordinateurs, y compris portables. Le développement de services, vers le début des années 10, induits par des appareils de plus en plus connectés, a développé à son tour le cloud et la miniaturisation des périphériques tels que nous les connaissons à ce jour. L'iPad de 2010 et toutes les tablettes qui lui ont succédées en sont probablement la meilleure illustration. Si de nouveaux produits autorisent des usages, ce sont bien, en revanche, nos usages qui conditionnent le devenir des produits de masse.

Voici que le smartphone à présent se dote de fonctionnalités de plus en plus aiguisées (applications à maturité, nombreux services connectés, augmentation des performances, extension de la résolution), et devient un appareil productif, bien au-delà de la simple consommation de flux compactes. C'est la phablette, un smartPhone qui, s'il n'est pas trop petit, permet de gérer des annotations, consulter un agenda, lire des informations enrichies et illustrées, consulter un réseau social, un programme télé, piloter son téléviseur, jouer, lire un roman au format epub, etc. C'est la véritable tendance actuelle, annoncée par les premiers smartPhones productifs mais les avions-nous vus (BlackBerry, puis Galaxy Note) ? Cet ancrage productif du périphérique qui s'émancipe avec la miniaturisation des composants et la professionnalisation des services perpétue la loi de Moore mais, nouveauté, place les modèles de smartPhones classiques en porte-à-faux.

Poursuivons notre investigation. Si le smartPhone tend en effet à absorber désormais les fonctionnalités que l'on venait de réserver aux tablettes (consommation de flux illustrés, interactions bureautiques élémentaires...), que reste-t-il aux tablettes de tailles modestes ? Pourquoi acquérir une tablette si une phablette peut faire l'affaire, en plus nomade et avec téléphonie intégrée ? Là est la question que tout éditeur doit se poser désormais devant l'évolution en cours de nos usages. La tablette, telle que nous la connaissons à ce jour, est-elle pérenne ?

De même, considérant que la phablette chasse la tablette, la tablette absorbera mécaniquement de plus en plus des fonctionnalités d'ordinateur, de plateforme de travail ou de téléviseur, pour devenir une super console domotique mobile (contrôler l'électronique domestique, suivre un programme à tout endroit de la maison, tachter en visio en famille, virtualiser la hi-fi et les livres de cuisine, et ajouter un clavier dockable ou virtuel pour produire du contenu). Sa fusion avec l'ordinateur central apparaît inévitable. N'est-ce pas déjà la vocation des périphériques hybrides lancés par Microsoft avec la Surface ? Un PC-tablette ? L'avenir de la tablette ne serait-il pas de devenir un des écrans mobiles dockables et domestiques de l'ordinateur/serveur géré en mode cloud, alors noyau central de l'activité au bureau ou à la maison ?

Revenons au smartPhone. De l'autre côté des usages, si le smartPhone, devenu Phablette, s'étoffe en fonctionnalités, la lecture de flux concis, d'alertes, l'accès à des actions simples de pilotage domotique du quotidien, cherchera inévitablement son support miniature, hyper nomade, plus nomade que le plus petit des smartPhones. Une sorte d'iPod super-mini connecté serait une réponse à de nouveaux usages, connexes à celui d'une phablette et d'un écran tactile géant modulaire. On le voit ici. Le smartPhone semble progressivement remplacé par plus grand ou plus petit que lui. Seul, il ne comble plus les usages.

C'est là que l'iWatch trouve sans nul doute une place, inattendue, et pourtant tellement superflux au premier abord. Mais regardons comment nos besoins exposent encore nos usages. Si je cherche à activer/désactiver un élément de ma domotique, si je cherche juste à recevoir un flux d'information (le titre d'une dépêche, l'heure d'un rendez-vous, un message vocal, la proximité confirmée d'un taxi alors que je déambule dans la rue et sous la pluie...), un support périphérique très compact, accessible rapidement, que je n'ai pas besoin de sortir, ultra plat, à fleur de peau, montre ou autre, apporte évidement une réponse à un espace abandonné par un smartPhone devenu trop imposant. Mais, si telle est la vocation de l'iWatch, l'iWatch de Apple n'est-elle pas déjà trop imposante ? Un écran d'information pas plus épais ni large qu'un bout de scotch ferait onctueusement l'affaire. L'iWatch, s'il cible bien les usages, apparaît donc déjà désuet, surtout avec une autonomie qui ne dépasse pas 5h.

Ainsi, fort de cette petite réflexion, constatant l'émergence des phablettes, celui probable des iWacth super mini, celui perceptible des écrans HD tactiles dockables à une station serveur fixe, je m'interroge sur le devenir des tablettes de 10 pouces, des smartPhones de première génération et des maxi montres que nous connaissons et manipulons à ce jour.

Les tablettes sont à la fois trop compactes pour servir d'outils de production ou d'immersion audiovisuelle. Elles sont à la fois trop imposantes pour servir de périphérique nomade et multitache. Elles ne tiennent ni à la verticale sans un support, ni vraiment à l'horizontal (poids imposant pour une lecture durable). Elles ne disposent pas assez de puissance pour accomplir des tâches productives. Les montres sont trop grandes pour de simples flux d'information. Les smartPhones trop petits pour y lire confortablement et produire quoi que ce soit. Et aucun ne tiennent à la lumière du jour... Il est donc fort à parier que le format actuel de la tablette et autres supports mobiles va progressivement laisser place à de nouveaux périphériques, plus en phase avec les besoins, c'est-à-dire plus étendus ou plus compacts.

Que cela rassure les acteurs que nous sommes. La fin de l'iPad, de l'iPhone, de l'iWatch, tels que nous les connaissons avant d'éventuelles versions mini doivent surtout nous aider à anticiper l'idée que le contenu requiert une conception flexible de sa mise en forme. Ce qui prime, c'est et ce sera toujours le fonds, pas la forme. Et quel contenu pour quel support ? Voilà une chose au moins qui ne change pas.

Affaire à suivre.

1 commentaire:

  1. Ne pensant pas si bien dire, le journal du Geek dévoile la nouvelle offre de Microsoft, ce 31 octobre 2014. Une montre slim accompagne une phablette sous Windows. CQFD :

    http://www.journaldugeek.com/2014/10/30/microsoft-annonce-le-band-et-microsoft-health

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