mardi 16 décembre 2014

Le transmédias en 2015 : prédictions


C'est à l'occasion d'une rencontre Femis/CNC et de quelques acteurs du transmédias, à l'école de la Femis à Paris, que la prospection sur le transmédias a été abordée.

Participants :
  • Nathalie SONNAC (animatrice, dir de l’institut français de presse et professeur à Panthéon-Assas)
  • Benoît DANARD, Frédérique BODIN (CNC)
  • Lorenzo BENEDETTI (Studio Bagel)
  • Patrick BALLARIN (Digitime)
  • Jérôme CHUNG (Under the Milky Way)
  • Emmanuel DURAND (Warner Bros)
Voici ce qui en ressort en quelques points :
  • Le succès actuel de l'audience cinéma reste provisoire et relatif du fait que les jeunes n'y vont plus ;
  • L'audience général continue de se fragmenter en favorisant les services replay et les abonnements tels que Netflix ;
  • Les services de VàD se développent peu du fait que l'offre commerciale ne répond pas aux attentes des utilisateurs (prix d'achat d'un film trop important eut égard aux offres des services par abonnement ou aux sites de piratage gratuits) ;
  • Les utilisateurs boudent les services gratuits submergés par de la pub au point que Youtube réfléchit à une offre payante, comme iTunes ;
  • Généralisation des modèles ayant recours à la qualification des contenus grâce à l'usage des datas et permettant de limiter la quantité de pubs ;
  • La disparition des masse-médias se confirme et laisse place aux médias qualifiés.
En conclusion, le financement des productions ne peut plus reposer sur de la vente de publicité en masse, car les utilisateurs désertent les services de masse proposant des pubs ennuyantes et nombreuses. Mais, bon espoir est donné aux services capables d'analyser les usages afin de qualifier et limiter les pubs, et donc, de créer plus de valeur pour chaque espace publicitaire, ce qui permettra de mieux financer les oeuvres. Donc, focus sur les dispositifs d'affichage individuels au détriment des écran TV, plus collectifs et donc moins traquables.
A la question sur le danger de trop de qualification des affichages, l'idée qu'un spectateur finisse par accéder toujours au même contenu a été contredite par le fait que l'utilisateur reste maître chez lui pour zapper s'il le souhaite, ce qui implicitement requalifierait son profil, lequel lui amènerait à accéder à de nouvelles offres éditoriales.
La société Digitime, qui traque les usages pour SFR, à l'aide des technologies de mediamétrie et l'ingénierie des décodeurs de Canal+, confirme la révolution en devenir du petit écran. Bientôt, des pubs qualifiées viendront sur chacun de nos écrans, observés par les opérateurs qui contrôlent ce que nous consommons (wifi, câble, 3G, 4G...). Tout passe en effet par votre opérateur, premier traqueur, bien avant Google. Quel monde joyeux n'est-il pas ?
A défaut d'accès avec publicité, les modèles éditorialisés et payants devraient également se développer. Non pas au compte goutte, comme en VàD, mais plus sur des dispositifs d'abonnement, façon Netflix, Deezer, ou CanalPlay. L'objectif des diffuseurs est de reproduire le modèle qu'a connu l'évolution de la musique ces 15 dernières années (témoignage de Warner) en évitant les échecs induits par une attitude trop protectrice. Le modèle, c'est en quelques sortes Deezer : Rendre disponible du contenu, partout, tout le temps, à un prix abordable.

A ces considérations, il a été constaté que la qualification se révélait plus facile avec le public jeune très présent sur la toile. Elle l'est bien moins chez les adultes du fait qu'ils n'ont plus de temps libre pour picorer et rechercher. Le principe d'éditorialisation de l'offre à mesure que l'on progresse socialement a donc été mise en évidence.

Le rôle du spectateur actif s'auto-qualifiant apparaît finalement tellement déterminant pour structurer l'économie de l'audiovisuel de demain, que la crainte de voir les spectateurs ne pas vouloir participer à cette qualification subsiste. La loi oblige en effet les régie à demander une autorisation aux spectateurs pour analyser et stocker les données liées à l'utilisation de leurs TV+Internet+Téléphonie. Il n'a cependant pas été question, pour le moment, d'avantager les spectateurs qui contribueraient à enrichir les régies pubs, en leur offrant une ristourne sur leur abonnement, par exemple. Ce qui se révélerait plutôt judicieux et laisserait la liberté à ceux qui ne le veulent pas de ne pas recourir à l'offre qualifiée.

Pour résumer donc, l'avenir de la production transmédias se situe dans les projets qui permettent de qualifier les usages. Mais le contenu sera nécessairement adapté à chaque public.  Il faut donc modulariser l'offre, comme nous l'avons déjà anticipé souvent sur ce blog.

Ainsi peut-être, autre conclusion plus personnelle cette fois, nous serons de plus en plus libres de dire ce que nous pensons, mais nos créations apparaîtront de moins en moins visibles du fait de la qualification qui étroitise l'audience. Un peu comme la presse quotidienne, en somme. A méditer.

Edge Animate (Eyrolles)


C'est en grand connaisseur de Adobe Edge Animate que je vous recommande vivement cet ouvrage exhaustif et clair sur Edge Animate, enfin ! Ecrit par David Tardiveau, expert et coordinateur de la formation DIIT à Gobelins (où j'interviens également par ailleurs), il se révèle une précieuse mine d'informations pour tous ceux qui veulent prendre en main l'outil d'animation HTML5. Incontestablement le meilleur support produit à ce jour.

Si j'ai personnellement abordé des études de cas d'animation peut-être plus travaillées graphiquement dans mes propres tutos en 2013, chez Elephorm, ce livre intègre des comportements JQuery plus avancés et se révèle donc un complément incontournable, même si vous aviez déjà adopté ma formation au format vidéo.

Outre les fondamentaux de l'animation et de l'interactivité, vous y trouverez notamment tout ce qu'attend un designer d'interactivité ex-flasheur, comme :
  • La vidéo interactive
  • Le traitement dynamique de données (chargement d'images et de textes)
  • Un exemple d'intégration des librairies d'animation Greensock
  • Des propriétés d'accélération et d'orientation pour périphériques mobiles
Comme quoi, le papier a encore du bon, même s'il est imprimé en Pologne.

N'hésitez pas également à télécharger la palette Voxpedago, du même auteur, pour parfaire et contextualiser vos connaissances dans la manipulation de l'outil. Afind e vous accompagner, j'en profite pour rapeller aussi l'existence de mon site blenoir.fr, également bon compagnon de route sur Animate.

Pour rappel enfin, et bien que la 4ème de couv ne le mentionne pas, Edge Animate reste parfaitement compatible avec le Web et les mobiles, certes, mais, outre Adobe DPS, il se révèle un excellent complément à Aquafadas et aux autres solutions digitales.

Pour en savoir plus :
http://www.eyrolles.com/Informatique/Livre/edge-animate-9782212140514

lundi 15 décembre 2014

Le digital en 2015 : prédictions


David Hicks, Digital Creative Director (Directeur de création numérique) de la société Hick Digital, basée à Londres, prospecte sur ce que sera le digital publishing en 2015, en 5 points :
  1. Quelques mauvaises nouvelles tout d'abord : la fin de modèles inadaptés à la demande, et à la technologie (réplica PDF, parution fixe sans innovation, périodiques traditionnels sans achats intégrés, fichiers lourds, absence d'identité de marque ou de ligne éditoriale) ;
  2. Développement du modèle fragmenté à chargement modulaire, avec achats d'articles de presse au compte goutte, à l'unité ;
  3. Le smart templating : le développement de gabarits responsives et intelligents qui automatisent la mise en forme selon le type de périphérique. L'ère du tout iPad est révolue ;
  4. Développement de l'auto-édition et de la création de nouveaux numéros et services indépendants (Ernest Journal, The New British, Sister Mag, Brilliant Baking Magazine, The Unlimited, Bande A Part, Snoovies, #5 magazine, Christiano Ronaldo) ;
  5. Le développement des achats intégrés entièrement personnalisés et animés, pour servir les marques.
Pour accéder à l'article original (GB) :
5 predictions for digital publishing in 2015

Nouveauté Aquafadas 3.5.5


Aquafadas vient d'effectuer une mise-à-jour mineure du plugin pour InDesign en version 3.5.5. Liste des nouveautés :
  • Le Read aloud (Karaoke) passe en Premium mais sera désormais accompagné d'un utilitaire pour synchroniser audio et texte ;
  • Le sous-document intègre une option qui permet d'invoquer une ancre afin de choisir quelle page afficher par défaut, dans un sous-document multipages ;
  • Choix des requêtes serveur (pour générer un epub, par exemple) vers un serveur européen ou chinois ;
  • Compatible Yosemite ;
  • Correctif pour Afficher/Masquer les calques, en HTML5 ;
  • Correctif pour la génération d'images en ePub ;
  • Correctif pour la carte géographique (enrichissement maps), sans les marqueurs ;
  • Option de Clipping (capture d'écran contextuelle à partager).
Notez aussi l'arrivée d'un nouveau support en ligne :

vendredi 12 décembre 2014

Aquafadas : Single Edition App


Suite à l'annonce de Adobe de limiter l'accès à l'export natif iOS aux abonnés Creative Cloud disposant de l'extension DPS Pro à 3660€HT/an, Aquafadas répond en créant une nouvelle offre spécifique pour l'édition d'applications uniques.

L'offre inclura les exports pour iOS, Android, Web reader HTML5 et Amazon. Son prix n'est pas encore communiqué. Mais la formule sera disponible à partir de janvier 2015.

" Avec l’annonce récente d’Adobe de mettre fin à l’offre « Single-Edition Apps » inclue dans Creative Cloud, de nombreux éditeurs indépendants, des petites entreprises et des graphistes freelance se sont sentis laissés pour compte, et sont partis en quête d’une nouvelle solution.  Pour répondre à leur souhait, nous offrons, en avant-première, un accès à notre nouveau pack « Single-Issue App » qui sera officiellement lancé début 2015. Ce nouveau pack permet aux éditeurs de publier un document unique dans une application pour tablettes et smartphones compatible avec toutes les plateformes telles que iOS, Android, Amazon et liseuse web HTML5. "

Claudia Zimmer, CEO Aquafadas.

Pour en savoir plus :
http://blog.aquafadas.com/news-2/using-promo-code-single-issue-app-package/

Adobe rachète Fotolia


Après 10 ans d'existence de la célèbre banque d'images en ligne, Adobe vient de racheter Fotolia pour 800 millions de dollars afin de l'intégrer à la Creative Cloud.

Mais si Fotolia entre dans l'abonnement CC, le service continuera de proposer un accès aux utilisateurs non abonnés et les acquisitions d'images resteront indépendantes de l'offre d'abonnement.

L'objectif annoncé par Adobe est surtout de valoriser les travaux des créatifs abonnés en développement la communauté afin de permettre aux créatifs de mieux monétiser leurs oeuvres, et valoriser plus encore le retour sur investissement qu'induit un abonnement à la suite créative.

Pour accéder au communiqué de presse Adobe, en français :
http://press.adobe.com/cgi-bin/pr.cgi?show=content;rel_id=3380

jeudi 11 décembre 2014

Les palettes VoxPedago


David Tardiveau de l'école des Gobelins propose une série de palettes compagnons pour vos logiciels graphiques. Je vous invite à les télécharger sur le site voxpedago.com. Elles sont gratuites. Vous y trouverez une aide contextuelle pour chaque fonctionnalité des logiciels Edge Animate, Muse et DPS, utiles pour bien prendre en main vos outils.

Ci-dessous, des captures d'écran de la palette conçue pour Edge Animate.

jeudi 4 décembre 2014

Formation Greensock


Greensock offre une palette de librairies Javascript extrêmement puissantes, capables de générer en quelques lignes :

  • des animations dynamiques calculées selon les interactions utilisateur ;
  • des animations aux propriétés 3D ;
  • du drag & drop ;
  • des animations de typographie ;
  • des animations vectorielles SVG ;
  • des contrôles de lecture d'avant en arrière avec des effets d'amortissement.

Ces animations sont compatibles avec tous les navigateurs Web et les solutions mobiles (DPS, Aquafadas, epub3...).

Voici un exemple d'utilisation pour un site de Disney. Lorsqu'on survole une mosaïque d'images, une grille aux propriétés 3D et vectorielles prend forme tel un Origami.





Le site Disney :
http://movies.disney.com/big-hero-6/

Vous souhaitez élargir vos compétences digitales et vous former à cette librairie tout en bénéficiant d'une prise en charge (OPCA, AFDAS) ?

Swipe & Swipe est l'unique centre de formation qui propose de vous accompagner sur la prise en main des librairies Greensock HTML5 à travers un programme de formation sur mesure et pris en charge par vos OPCA habituels. Les formations sont dispensées au choix, dans votre entreprise, ou en centre.

Pour en savoir plus :
www.swipe-et-swipe.fr

lundi 1 décembre 2014

Statistiques : digital publishing


C'est sur le blog Buqo que l'on peut trouver quelques nouvelles statistiques intéressantes sur les usages dans le secteur du digital, outre Manche. Des données à prendre toujours avec distance du fait que les données hexagonales divergent parfois des pratiques anglo-saxonnes.

On remarque notamment combien les usagers préfèrent les contenus valorisés eut égard à de simples réplicas PDF. Un modèle économique spécifique ou qui valorise la création digitale s'affirme lentement mais sûrement.


dimanche 30 novembre 2014

Trophées de l'innovation


Le salon de la presse au futur a attribué quelques prix aux projets innovants du secteur. Vous pouvez connaître le nom des heureux élus et accéder à d'autres retours du salon, sur le site d'Electric News, mes confrères du digital, à l'adresse suivante :

http://electricstudio.fr/news/retour-sur-la-presse-au-futur-les-trophees-de-linnovation/

samedi 29 novembre 2014

iPress réinvente le rollover


Voici iPress, une nouvelle solution digitale pour monter vos publications à destination de iOS/Android. C'est un outil simple, voire basique, dont la vocation est d'abord d'offrir une solution native qui ne repose pas sur InDesign à des utilisateurs en quête de simplicité. Promesse tenue dans une interface épurée qui se gère à la manière d'un Power Point.

Mais, c'est une fonctionnalité vraiment spécifique et inédite qui a retenu mon attention : le Pixie.

Le Pixie est une zone translucide de fonctionnalités contextuelles que vous pouvez activer d'un simple tap prolongé, à quelqu'endroit que ce soit de l'application. Un menu apparaît et permet d'étendre l'expérience utilisateur sur la page à partir d'une surcouche interactive, qui ne vient pas polluer visuellement la création, par opposition aux designs habituels des éditions numériques où les boutons signalant un contenu enrichi assèchent souvent l'immersion. Et rien que cette fonction, qui réintroduit une logique de navigation proche du Web, méritait je pense d'être relevée. D'autant qu'elle intègre une fonction d'achat in-app, idéale donc si vous cherchez à publier des projets de marque, élégants, hauts de gamme, ouvrant vers des achats intégrés (ex : des catalogues de vente de produits de luxe ?).

Le prix de la solution est de 1500€ pour 10 000 loads + 3 900€/an pour le back-office qui permet de gérer un kiosque de périodiques. Des développements personnalisés sont possibles sur devis.

Fonctionnalités types :
  • Signets, liens (= ancres)
  • Diaporama, slideshows, mosaïques
  • Audio
  • Vidéo
  • HTML5
  • Achat in-app
  • Newsstand Apple
  • Gestion de l'agenda
  • Recherche
  • Double orientation
  • Accéléromètre
  • Impression, capture
iPress est un produit de conception française, conçu en France donc et développé en Inde. Vos interlocuteurs sont donc francophones. Pour en savoir plus :

http://ipress.com/

vendredi 28 novembre 2014

Aquafadas Creative Flow


Voici Creative Flow, une nouveauté Aquafadas présentée cette semaine, au salon de la presse du futur, permettant de mettre en forme vos titres dynamiquement et de manière responsive pour vos publications numériques.

Fonctionnalités :
  • Création de gabarits et tags des blocs conteneurs à partir de InDesign ;
  • Liaison à des données XML sur le serveur Aquafadas (Cloud connect) ;
  • Intégration native dans vos applications (pas de pseudo contenu en HTML5, c'est du vrai natif fluide et sécurisé) ;
  • Norme NewsML (XML spécifique pour la presse, générable manuellement ou par CMS : Wooding, Van Gennep, Edios Media. Standard utilisé par Reuters) ;
  • Mise en forme adaptative calée sur les gabarits d'écran courants (charte Google incluant même iOS) ;
  • Intégration compatible avec des enrichissements montés à la main dans Indesign (pubs, couvertures, jeux...) ;
  • Gestion intégrée du PDF pour comptabilisation OJD ;
  • Vue globale ou à l'article ;
  • Achat des articles par numéro ou par abonnement ;
  • Exports iOS/Android/HTML ;
  • Cliping (capture d'un extrait pour le partager) ;
  • Surlignage et annotations.
Le prix n'est pas communiqué. Mais pour ne plus avoir à obtenir de licences individuelles de parutions pour chaque numéro d'un quotidien (ce qui reviendrait à près de 50 milliers d'euros annuels), l'acquisition de ce dispositif pour un titre quotidien peut vite devenir rentable sur de gros volumes.

Cette options, bien que compatible avec l'édition hebdomadaire et périodique, n'est pas rentable pour de faibles tirages.

A noter enfin qu'il s'agit d'une solution de génération de parutions véritablement natives, pour iOS et Android. Mais, bien que la génération des contenus soit dynamique, ce n'est pas encore un outil de création d'applications connectées. Les données extraites de flux XML restent en effet intégrées en dur dans l'application, après publication. Une fois publiées, en cas de mise à jour, il faut republier.

Pour visualiser des exmeples d'utilisation, ce service est déjà utilisé par le JDD et Ouest-France. Consultez ces titres pour évaluer la vélocité du dispositif.



lundi 24 novembre 2014

Adobe arrête l'offre freemium iOS


C'est aujourd'hui qu'Adobe annonce l'arrêt de l'export natif Apple iOS pour iPad et iPhone à partir de la Creative Cloud si vous ne bénéficiez pas d'un abonnement professionnel au service Digital Publishing à partir de 3660€HT/an. Détails.


L'annonce est lancée ce jour, mais elle prendra effet le 1er mai 2015. A compter du mois de mai donc, vous ne pourrez plus générer d'application IPA avec InDesign si vous ne disposez pas d'un abonnement DPS. Mais l'offre se verra substituée par l'export ePub3, gratuit, déjà disponible dans InDesign. Le ticket iOS à 336€ risque également d'être supprimé :

We will be announcing publicly on November 24, 2014, that DPS, Single Edition will be retired on May 1, 2015. We will remove Single Edition as a purchasable product from Adobe.com on December 4, 2014. Please continue reading for more details.

Pourquoi ce changement ? Plus personne n'ignore la fragmentation des usages. Android, Windows, viennent rogner le territoire d'Apple sur les nouveaux périphériques tactiles. Or, l'offre native iOS, si elle permettait de bénéficier d'un format de qualité et suffisant dès 2010, ne permet plus d'offrir une visibilité satisfaisante à des projets qui se sont souvent révélés contenir la vitrine de graphistes indépendants, de portfolios d'agences, à travers cette offre Freemium (sans frais) qu'offrait Adobe aux abonnés de la creative cloud. Ainsi, pour permettre à tous de diffuser largement un projet vers le digital, Adobe a choisi de rendre l'export ePub3 fixe et reflow gratuits à partir de inDesign et de retirer l'offre iOS, maintenant réservée au développement de campagnes plus riches.

Rappelons cependant que les standards ePub (uniquement dans le cadre de l'offre payante DPS) de Adobe font parfois hérisser les membres de l'IDPF qui normalisent les usages du digital. Adobe en effet ajoute ses DRM (verrous anti piratage) dans son format ePub qui freine son accessibilité (comme Apple avec iBooks Author). Un export ePub de fait indisponible sur certaines plateformes, mais qui permet au moins de valoriser son book à défaut de monétiser réellement du contenu, qui se révélera hélas moins adapté à une utilisation plus professionnelle.

Avec cette autre nouveauté qu'est l'export vers Windows mobile, Adobe place cependant DPS comme la solution pour les éditions de périodiques la plus transversale du moment. Aucun autre plugin n'est à ce jour en effet disponible vers un export pour Windows mobile.

Avantages de l'ePub3 :
  • Transversalité des systèmes (iOS, Android, Window, navigateurs de bureau)
  • Pas besoin de soumission à iTunesConnect, pas de certificats, pas de compte Apple developer requis
  • Pas besoin d'un Mac
  • Compatible Edge Animate
  • Texte sélectionnable et Reflow
Pour ceux qui souhaitent pouvoir publier vers iOS en natif, sans toutefois accéder à une offre à 3660€HT/an, d'autres solutions restent cela dit disponibles, telles que :
  • Aquafadas (380€),
  • Twixl (750€),
  • PandaSuite (99€/mois),
  • Origami (49€/mois + 599€),
  • Apple iBooks Author (en ePub, mais gratuit),
Le salon du digital qui se tient également cette semaine dans le XVè, à Paris, devrait voir déferler son lot de nouveautés. A suivre.

mardi 18 novembre 2014

Apple Watchkit est disponible


C'est ce 18 novembre, qu'Apple déploie officiellement son kit iWatch pour développeur, le Watchkit. Il permet à tout développeur iOS de créer ses propres applications à partir d'une mise à jour de XCode.

Vous pouvez télécharger le Watchkit à l'adresse suivante :
https://developer.apple.com/watchkit/

Theverge.com accompagne les développeurs dans le nouveau processus de publication pour iWatch, à travers une page didactique de conseils (en anglais), pour vos créations au sein de XCode, et en lien avec l'iPhone (les apps de iWatch doivent en effet pouvoir dialoguer avec l'iPhone) :
http://www.theverge.com/2014/11/18/7243085/most-important-apple-watchkit-discoveries#ref=muzli

Si vous ne voulez pas coder, il faudra à attendre que nos chers partenaires du digital intègrent ce nouveau device dans leurs solutions. A suivre...



PandaSuite : Apps richmédias


Vous connaissez Adobe DPS, Aquafadas, Twixl, Origami...
Voici PandaSuite ! Solution d'édition numérique qui séduira ceux qui cherchent à accéder à des enrichissements plus personnalisables et avancés que dans les solutions traditionnelles.



Petit tour d'horizon des options disponibles :

Les formats d'export :
  • Export natif iOS
  • Export natif Android (prochainement)
  • Export HTML5
Les fonctionnalités :
  • Etats d'objets (ou écrans)
  • Navigation d'un état à l'autre (équivaut à naviguer d'un écran à l'autre)
  • Suites d'images avec zones interactives
  • Galeries
  • Gestion de l'ordre d'empilement des objets
  • Parallaxe personnalisable et multi-plan
  • Vidéo interactive avec gestion des repères de temps (équivalent aux cuepoints dans Flash)
  • Gestion synchrone des propriétés de plusieurs objets de la composition.
  • Evénements : swipe, tap, double-tap, rotation, pincer, étirer.
  • Déclancheurs : souffle, rotation du périphérique, secousse, inclinaison.
  • L'intégration de marqueurs Analytics.
  • Gestion des certificats inclus.
  • Hébergement inclus.
Dispositifs de publication :
  • Single app pour tablette
  • Kiosque avec achats in-apps pour tablette
  • Site Web
  • Liseuses
Comme vous pouvez le voir, la solution offre de véritables innovations proches de ce que nous connaissions déjà à travers Flash, mais en natif pour iOS et Android ! C'est inédit. PandaSuite est donc la seule solution native capable de gérer l'interactivité sur des éléments audiovisuels (Klynt le fait mais en HTML5, ce qui oblige à passer par une webview et peut ralentir les performances). Les applications richmédias sont enfin possibles !

Mais, Pandasuite ne gère pas encore :
  • les abonnements Newstand,
  • les comptes utilisateurs permettant de mutualiser une offre sur plusieurs périphériques,
  • les données connectées.
  • L'intégration poussive de webviews avec HTML5 (vu que les animations se font en natif).
Panda suite est une offre française. Et si des options disponibles chez les concurrents ne sont pas encore toutes présentes, comme celles citées précédemment, elle s'étoffe de jour en jour et s'adapte en fonction des demandes de sa clientèle. Dans les prochaines semaines, une refonte de l'interface du produit le rendra d'ailleurs encore plus accessible.

A noter également, la solution s'exécute uniquement depuis un navigateur à travers une application robuste développée en Flex, à l'image d'un service cloud (comme présent chez Aquafadas ou l'ex Wegoo). On y importe ses médias, images, vidéos, sons. L'application n'utilise pas de PDF ni de fichier Indesign. Mais les fonctionnalités proposées en font un outil à part, tellement innovent, qu'il en devient vite incontournable pour les projets richmédias one shot.

Les tarifs :
  • Gratuit avec watermark.
  • 29€/app/mois pour autoriser le partage dans le Viewer maison.
  • 99€/app/mois pour un usage commercial vers les stores.
Pour en savoir plus sur PandaSuite,


lundi 17 novembre 2014

Adobe Edge Code devient Brackets


Edge Code, rappelons-le, est un éditeur de code HTML/CSS/Javascript qui permet de visualiser en temps réel dans Chrome, et sur vos périphériques mobiles, vos développements, à mesure de la saisie. Il évite d'avoir à sauvegarder et transférer des fichiers sur vos devices à tout bout de champ.

Près de 2 ans après avoir lancé la suite Edge tools, Adobe revoit sa copie. Si le logiciel Edge Animate a séduit les animateurs, ce n'est en revanche pas le cas de Edge Code que les utilisateurs ont un peu boudé. Et oui, Adobe travaille d'abord pour les graphistes. Et en cela, l'offre Edge tools n'a pas trouvé écho en tant que telle. Un repositionnement s'impose.

Mais c'est aussi à cause d'une grande proximité entre Brackets, le moteur natif de Edge Code, et Edge Code lui-même. Pourquoi en effet installer un outil nouveau si peu différent de celui disponible gratuitement en ligne ? Même si, il n'y a rien à payer de plus que son abonnement Creative cloud déjà activé pour les logiciels traditionnels, pour l'obtenir.

Rappelons aussi que l'on peut déjà coder en HTML5 dans Edge Animate et Dreamweaver. Un troisième outil s'imposait-il ? Aussi synchrone eut-il été ?

Pour cette raison, Adobe annonce ce jour l'abandon du développement de Edge Code et va participer activement au développement de Brackets. Adobe recommande désormais d'orienter vos développements vers Brackets, directement. L'extension de lecture des fichiers Photoshop PSD dans Edge Code est d'ailleurs maintenant disponible aussi pour Brackets.

Les autres logiciels HTML5 de la suite vont en revanche continuer d'évoluer. Edge Animate, Edge Reflow, Flash CC, Muse et Dreamweaver restent toujours les incontournables de votre production digitale.

Télécharger Brackets :
http://brackets.io/

L'annonce officielle :
http://blogs.adobe.com/edgecode/

L'extension Extract PSD :
http://helpx.adobe.com/creative-cloud/help/extract-for-brackets.html


lundi 10 novembre 2014

Amazon echo


Amazon lance Echo, une console sociale qui accompagne la vie quotidienne. Une sorte de Siri dans un tube lié à des contenus audio.


Cette annonce ajoute un nouveau gadget à notre quotidien qui promet d'apporter de l'humanité, ...tout en nous confisquant nos oeuvres et nos recettes fiscales. Nous ne sommes pas à un paradoxe prêt !

Mais ce que révèle surtout l'arrivée d'Echo, c'est l'emprise des objets connectés et leur évolution permanente. Cet iPod géant, aux allures de Hal (2001, a space Odyssey), devrait valoriser en tous les cas l'offre de Amazon face à ses concurrents et maintenir une clientèle.

Echo, c'est aussi la victoire du puissant contre le petit industriel. A l'heure où naît Echo, c'est en effet Karotz qui tire sa révérence, le 18 février 2015. Karotz, ce fameux petit lapin blanc bien frenchy, connecté et communiquant, pourtant plus incarné, mais qui avait juste oublié d'évoluer.


Ainsi, ces objets, aussi communicants se présentent-ils, et de par leur présence fugace, aussi tendance soit-elle, nous rappellent que le véritable liant social... c'est nous !

La page Amazon Echo :
http://www.amazon.com/oc/echo

A suivre.

vendredi 7 novembre 2014

Klynt 3 : nouveautés


La version 3 de Klynt, logiciel de séquençage audiovisuel HTML5, est disponible depuis ce mois-ci. Petit résumé des fonctionnalités :
  • Intégration vidéo, audio et images, y compris de fichiers Photoshop PSD natifs.
  • Ajout d'interactivité sur les éléments importés.
  • Création de zones cliquables (pour ajouter des actions sur une zone de la vidéo par exemple).
  • Intégration de pages HTML/HTML5 via un iFrame (pour y insérer des animations Edge, ou un flux d'information Twitter/Facbook, par exemple).
  • Compatibilité avec DPS/Aquafadas pour un export iOS.
  • Des actions tactiles en devenir (Tap, Swipe, Pinch, DoubleTap...).
  • Une mise en forme parfaitement élastique qui s'adapte à toutes les configurations et permet de gérer facilement tout type d'enrichissement audiovisuel pour une application mobile, tout environnement (smartPhone, tablette, Web).
  • Une meilleure gestion de l'ergonomie, des masques, du positionnement des éléments pour des interfaces plus précises et une plus grande modularité dans la composition.
  • Des commandes de lecture du scénario (avance, retour, play, pause, muet...).
  • Des commandes de propriétés d'objets (opacité, position, échelle, dimensions, contour, ombre, empilement), pour afficher/masquer des popups ou élaborer un scénario interactif évolutif.
  • La possibilité d'intercepter un événement et le convertir (Dispatch), ce qui permet de gérer les interactions sur différents OS en une seule action (événements mobiles contre événements Web, en une fois).
  • La navigation entre séquences.
  • La personnalisation des commandes et des menus (jusqu'à la suppression de la signature Klynt).
  • Le pan and zoom.
  • Les textes.
  • L'arborescence nodale.
  • Le mini player.
  • Le partage vers les réseaux sociaux.
Une version qui conforte l'attrait de Klynt dans une logique de production éditoriale ou d'entreprise, transversale, audiovisuelle, interactive, parfaitement intégrable dans la Creative Cloud. Klynt est pour ainsi dire le chaînon manquant entre After Effects, Edge Animate et InDesign. Un incontournable pour le secteur de la presse, et tout projet de communication interactive qui repose sur de la vidéo.

Au passage bien veillant, Swipe & Swipe, ma société, est la seule structure en mesure de vous accompagner sur l'apprentissage de Klynt dans un workflow éditorial complet mêlant InDesign, Edge et After Effects. Pour en savoir plus sur la possibilité d'une prise en charge dans le cadre d'une formation continue, consultez l'adresse suivante :

Pour en savoir plus sur Klynt :

mercredi 5 novembre 2014

Adobe CC et la vidéo


Depuis quelques saisons, Adobe réinvente le workflow pour l'audiovisuel, évolution des usages oblige. Petit point sur des nouveautés qui peuvent changer vos habitudes.

  • Gestion centralisée des rushs vidéos à partir du cloud. Cela permet de décentraliser votre production audiovisuelle ou de permettre, dans un même lieu, à plusieurs monteurs de travailler en même temps sur le même projet. C'est la raison qui a poussé David Fincher à utiliser Adobe pour son dernier film Gone girl.
  • Gestion d'un nouveau codec natif pour archiver vos masters sans compression, le Gopro Cineform, compatible 4K, 6K et... bientôt 8K. Il est à privilégier pour votre production au sein de la suite Adobe. Il s'apparente à Apple Pro Res chez Apple et au DNXHD chez Avid.
  • Développement d'utilitaire mobile pour smartPhones : Premiere clip. Il s'agit d'une appli simplifiée qui permet à tout reporter ou correspondant régional non vidéaste de saisir un événement et le monter rapidement, avant de le transférer dans le cloud. Idéal pour groupes de presse.
Pour en savoir plus sur les nouveaux codecs, lisez l'article détaillé de Erwan Le Cloarec sur Yak Yak Yak :

Merci aussi à Daniel Desmoulin pour son éclairage.

mardi 4 novembre 2014

Bendle : le Deezer de la presse


C'est le journal Les échos qui annonce l'arrivée imminente du Néerlandais Blendle, en France. Il s'agit d'une application qui agrège tous les articles de la presse et les rend disponibles au compte goutte, à l'unité ou par abonnement. Une révolution dans un secteur en pleine mutation qui se cherche encore. Une sorte de Flipboard mais éditorialisé. Vos dépêches, en temps réel, tous titres confondus !

Plusieurs projets de ce type sont en développement à travers d'autres opérateurs et devraient voir le jour en plus de cette solution, y compris de ceux qui, francophones, respectent peut-être plus encore les auteurs. Mais comme bien souvent, le premier à dégainer risque de remporter la mise.

L'approche partagée reprend le modèle que nous avons précédemment évoqué sur ce blog, dans lequel nous évoquions l'idée d'une application éditoriale ouverte.

Pour en savoir plus sur Blendle :

http://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/0203901775754-litunes-de-linfo-blendle-pret-a-chahuter-la-presse-francaise-1059299.php#


lundi 27 octobre 2014

UX designer : témoignages

Pour compléter notre précédent article sur la définition de l'UX designer, voici une vidéo qui démontre, à l'aide de multiples témoignes de recruteurs, ce qu'est un véritable UX designer.



C'est l'agence de recrutement Mushroom qui a fait réaliser cette vidéo.

Pour résumer, considérez que l'UX designer est un professionnel qui dispose déjà d'une expertise en design ou en sémiotique et qui ajoute à sa spécialité des compétences créatives permettant d'aboutir à de véritables objets novateurs, porteurs d'émotion, de sens. C'est le délicat alliage du beau et de l'intelligent.

Bien que non spécifique au design d'interface, l'exemple le plus parlant est sans nul doute celui évoqué dans cette vidéo, à travers la création de la tente Quechua. Au lieu de monter sa tente par petits morceaux au point d'y passer un temps fou, la tente Quechua se monte en 2 secondes, toute seule, en la jetant dans le vide.


En vidéo :


Et maintenant, transposez ce degré d'innovation dans vos interfaces Web et mobiles ; )

Autre témoignage intéressant sur le UX design, celui de Sophie Pilverdier, de Fullsix, sur le site des designers interactifs :

http://www.w3.org/TR/html51/

Enquête d'évolutivité de Flash Pro


Lors du lancement de Flash Pro CC, même fortuit, un message apparaît sur la page d'accueil et attirera votre attention. En bas et à droite de l'écran d'accueil, effectivement, Adobe vous propose de transmettre vos suggestions pour faire évoluer le produit : "Tell us what you think". L'attendue révolution semble en marche.


C'est l'occasion rêvée pour soumettre toutes vos suggestions de fonctionnalités et votre préférence sur les standards à privilégier. Préférez-vous le maintien des formats SWF et Air ou celui du HTML5 ? Quelles fonctionnalités rêvez-vous de voir apparaître ? Comment utilisez-vous, avez-vous utilisé ou rêvez-vous d'utiliser Flash s'il devait évoluer ?

L'enquête est ouverte et une évolution importante du produit est donc annoncée. Flash s'apprête à tourner une page. C'est maintenant officiel. A vos questionnaires !

jeudi 23 octobre 2014

Ouest-France offre votre iPad




Le quotidien Ouest-France lance une offre incroyable. Abonnez-vous et on vous offre votre tablette, iPad ou Galaxy, au choix !


Il y a certes une contrepartie, un acompte, un engagement sur la durée, mais pas plus que lors d'un abonnement à une ligne téléphonique. Ce type d'offre, nouveau dans la presse, devrait largement contribuer à l'émancipation de la presse numérique, de la même façon que les offres téléphoniques ont largement fait évoluer nos téléphones, liés à nos forfaits de télécommunication et offerts avec nos points de fidélité.

Il ne nous reste plus qu'à rêver qu'un opérateur Telecom pactise avec un groupe de presse pour livrer les deux offres (smartphone + tablette) dans un seul forfait. Mais l'offre de Ouest-France est déjà très séduisante en soit, et devrait pleuvoir prochainement sous nos sapins de Noël.

Seul regret, celui de ne pas pouvoir compléter la proposition d'un petit chèque pour obtenir un matériel un peu plus haut de gamme. Affaire à suivre.



Pour accéder à l'offre :

Formation Webdesigner


Swipe & Swipe présente sa nouvelle formation Webdesigner intégrateur. Elle est conçue pour réaliser des sites Web responsive en codant peu et au plus près des logiciels graphiques.

Les formations sur mesure de Swipe & Swipe sont prises en charge par vos OPCA habituels. Pour en savoir plus sur le détail de ce parcours, consultez l'adresse suivante :

http://www.swipe-et-swipe.fr/?c4

mardi 21 octobre 2014

La presse 3.0


A l'occasion de la sortie du livre La presse sur tablette, aux éditions CFPJ, auquel j'ai eu l'honneur de participer, je me suis interrogé sur le devenir de la presse, au-delà des prospections que nous pouvons rencontrer ici et là, y compris dans cet ouvrage très apprenant, et indépendamment de projets en cours dont je me dois de ne rien révéler.

Comme à chaque innovation, on se pose la question du bouleversement des usages que va introduire une technologie. Parce que les usages ne sont jamais fermés, ni manichéens, parce que le monde est un éternel flux de vie qui évolue d'un état à l'autre, je pense que le modèle d'une parution unique pour chaque plateforme n'est pas une finalité mais probablement qu'un point de départ de la révolution numérique, dans le secteur de la presse, que nous entrevoyons. Explications.

On sait maintenant qu'il est stupide de copier-coller un contenu d'une plateforme à l'autre. Le réplica PDF issu d'un quotidien papier vers le Web et l'iPad n'a aucun sens d'un point de vue éditorial, ni même d'un point de vue commercial. Pourquoi chercher à récupérer la même information, la même mise en page compacte, sur un support engageant, moins lisible et moins mobile qu'une feuille de papier ? Je m'interroge d'ailleurs encore sur comment un service de presse peut-il quantifier une audience qualitative et volumétrique à partir d'un nombre de PDF vus, comme c'en est la règle aujourd'hui. N'est-il pas invraisemblable de mesurer votre lecture à partir de la mise à disposition d'un fichier que vous ne regardez même pas ?

Voici un des schémas de la presse de demain que je propose. Je la nomme Presse 3.0 par référence à l'aspect éditorial, absent du Web 2.0, qui caractérise l'édition numérique, et face aux usages qui l'ont donc précédé.

1) Le point d'entrée est l'actualité chaude. Ce n'est plus le journal imprimé, pas assez réactif. C'est l'instantané. C'est donc la phablette, le smartPhone, voire la montre ou les lunettes, les plus mobiles des supports en somme, qui vont identifier les contenus. A chaque dépêche qui arrive, le lecteur aura le loisir de la zapper ou de la stocker. Je valide. Je jette. La pratique doit être aussi simple que cela. Le coup de force viendra de celui qui inventera cette application capable de trier, par simple tap, l'information. Mais son contenu ne sera pas étayé sur ce support. L'utilisateur choisira en revanche la possibilité de l'ajouter à un flux différé, pour sa tablette Ultra HD maxi dimensionnée, s'il souhaite accéder à une version enrichie de cette actualité, plus tard.

2) le soir rentrant (on sait maintenant que du fait du coût exorbitant de la 3G sur les tablettes et des vols à l'arraché que ce bijou induit, on l'utilise uniquement chez soi le soir ou au petit déjeuner seulement), sur sa tablette donc, la même application éditorialisée affiche les "pushs" que nous avons stockés dans la journée. Si je dispose d'un compte utilisateur à crédits (sans passer par Newstand ni App store et donc sans reverser 30% de commission à une société telle que Apple/Amazon/Google qui se défiscalise dans les paradis fiscaux), alors, je peux accéder tout en respectant le droit d'auteur souverain, à des contenus audiovisuels, des infographies interactives, des interviews, des web docs, des articles de fonds, conçus par de vrais journalistes adossés à de véritables motion designers.

3) Je les partage si je le souhaite sur mes réseaux sociaux. Et, depuis ma tablette ou mon ordinateur, je peux sélectionner les articles que je souhaite archiver. Je qualifie ainsi mes lectures et mon profil. je commente mes articles préférés. Je rassemble et partage mes annotations.

4) Mon profil qualifié sur mon ordinateur introduit mes préférences en terme de lecture. Et mes articles préférés peuvent être imprimés, avec ou sans mes commentaires, dans un numéro unique, à tirage numérique (2 fois plus onéreux mais amorti par des annonces 10 fois plus qualifiées), de mon choix. Je compose mon propre journal et le diffuse où je le souhaite, chez moi, à mon bureau, dans mon école, dans mon association, chez mes parents, dans ma copro, dans mon café, dans mon propre kiosque où je vends des magazines imprimés et des Bounty. Ce même journal introduit quelques encarts d'articles nouveaux, d'actus chaudes, lesquels me permettent, à nouveau, de rebondir vers les services numériques. La boucle est bouclée.

Restent à inventer les modèles économiques et les solutions techniques qui en découlent. Je n'ai donc rien dévoilé.

Comme vous le voyez, le point d'entrée n'est peut-être plus le papier. C'est d'ailleurs cette idée que défend la presse américaine en annonçant, pour 2017, la mort complète du papier aux Etats-Unis et, pour 2019, en France. Mais, comme je vous le démontre ici, je ne serais pas aussi pessimiste sur le devenir du papier que le sont les ricains. Aucune tablette à ce jour ne rend un contenu lisible à la terrasse d'un café, au soleil. Aucun support ne permet de partager un contenu à ses aînés retraités et non connectés. Le papier que l'on connaît à ce jour, froid, impersonnel, pourrait bien autoriser un regain d'humanité, grâce à l'émergence du digital. Le digital n'est donc pas l'ennemi du papier, mais peut-être bien son salut. C'est cela le transmédia.

mercredi 15 octobre 2014

Le crossmédia par François Rollin


C'est lors d'une chronique sur France Inter que l'humoriste François Rollin aborde le crossmédia, et les erreurs stratégiques qui consistent à traiter un canal de diffusion pour ce qu'il n'est pas et oublier sa spécificité qui en fait son attrait. Une belle leçon de choses à méditer pour nous autres acteurs du plurimédia.

Pour écouter le podcast de François Rollin, lancez la vidéo qui suit, et fermez les yeux ; )