lundi 10 décembre 2012

Michel Serres, philosophe de la création


Michel Serres, connu à travers ses essais philosophiques, ses podcasts sur France Inter, depuis les conférences souvent partagées sur les réseaux sociaux, et que l'on découvre aussi en direct ou en replay sur les plateaux de télévision des émissions littéraires (chez Frédéric Taddeï), nous fait régulièrement découvrir les mécanismes intrinsèques des différentes révolutions techniques, scientifiques, culturelles, philosophiques, politiques et juridiques qui organisent notre monde depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque contemporaine. Davantage positionné comme le philosophe des sciences et des techniques, et du fait de la nécessaire relation qu'il y a entre technique et création, sa réflexion est avant tout un formidable éclairage pour tous les inventeurs du monde.

Voici quelques délectables leçons de philosophie autour de ces outils que nous manipulons chaque jour, et autour de l'acte de création en général :

1) La création
Dans cette analyse, vous jubilerez à la découverte de ce qu'est l'acte de création, par opposition à l'acte de commercialisation. A tous les créatifs incompris du monde entier :
https://itunes.apple.com/fr/podcast/conference-michel-serres-autour/id310672496

2) Le droit et le monde digital
Vous comprendrez ici les enjeux juridiques et politiques du monde contemporain et l'évolution du droit nécessaire, liée à la révolution technologique du tout digital. Une vision complémentaire de notre précédent article sur l'évolution du droit d'auteur face aux oeuvres multi-canales, qu'il aborde lui dans son livre Petite poucette et dans cette conférence-ci à l'ESRI (spécialistes de l'organisation géographique spatiale de l'information et des réseaux). Une conférence qui ouvre le débat sur la refonte du droit face à une nouvelle conception non géographique du monde :
http://www.youtube.com/watch?v=BbLo6wPtAbo


vendredi 7 décembre 2012

Les objets connectés


Suite au salon LeWeb 2012, déroulé cette semaine à Paris du 4 au 6 décembre, et consacré aux mastodontes de la nouvelle économie (Google, facebook, Free, Amazon, Nokia...), de nombreuses annonces de services innovants ont été lancées et tous misent sur la connectivité croissante des objets de notre quotidien.

Parmi les annonces, citons :
  • Nokia et sa nouvelle cartographie participative connectée,
  • Nest et son thermosat connecté,
  • Le calepin connecté d'Evernote business,
  • LifX et ses ampoules domotiques connectées,
  • Paypal et sa carte de parking chech in connectée,
  • Withings et ses bracelets connectés,
  • Koubachi et ses arroseurs de plantes domotiques connectés.
Bref, tout est connexion !

La standardisation du Web et en fin de compte, l'exclusion d'expériences avancées du Web classique (Web bridé), a ouvert sur les autres périphériques connectés (les smartphones, puis les tablettes et enfin aujourd'hui les objets du quotidien) un large éventail d'innovation. Désormais, ce sont les objets du quotidien qui voient déferler l'intelligence éditoriale sous la forme de services embarqués.

Cette tendance est de fond et ouvre un marché pointu mais très prometteur pour les industriels qui se croyaient doublés par l'économie des pays émergents se contentant de reproduire des objets simples. Le service de l'innovation n'est pas tellement demandé par les utilisateurs car il n'est pas encore identifié, mais une fois celui-ci intégré aux objets, il sera difficile pour beaucoup de s'en abstraire.

L'innovation possible grâce à la connectivité va valoriser grandement les biens des entreprises en pointe vis-à-vis des fabricants traditionnels. Reste à trouver des designers, des UX designers, des ergonomes, des programmeurs, en phase avec ces innovations, qui savent concevoir des services suffisamment intelligents sans bloquer les utilisateurs si la connexion n'est plus disponible par exemple.

L'ultra connectivité de certains appareils risque, à contrario, de renforcer la noblesse et la simplicité d'objets traditionnels. Gageons qu'en cela, les objets de demain élèveront les exigences de la clientèle sur un design qualitatif, que les objets soient ou non connectés.

Cette tendance du marché trouve également écho dans les formations nouvellement mises en place dont ce master spécial Gaming récemment créé à l'école des Gobelins (MS Interface Digital Experirence), et qui forme les futurs acteurs de cette nouvelle économie fondée sur l'innovation et la connectivité. Les entreprises intéressées par la conception d'objets connectés et d'interfaces innovantes y trouveront les bons profils.

Avis aux intéressés ; )

mercredi 5 décembre 2012

Dessin-animé et transmédia

Le transmédia déferle dans le milieu du dessin-animé. Les éditeurs de livres jeunesse et les chaînes de télévision jeunesse multiplient les expériences au sein des tablettes tactiles. Le succès est tel que même les fabricants adaptent le matériel à ce tout nouveau public préscolaire à jeune, de 2 à 10 ans.
  • Magic Town, c'est le nom d'une application pour tablette réalisée par la start-up anglaise Mindshapes, qui rassemble plusieurs séries animées pour les enfants de 2 à 10 ans. La start-up a clairement identifié un besoin de fédérer des oeuvres multiples et disparates dans un objet unifié, sécurisé, reconnu par les parents et les enfants. L'application offre quelques épisodes pour se faire connaître et le reste est disponible sur abonnement.

  • Nosy Crow, c'est une application qui réédite de nombreux ouvrages papier en animant les pages, les personnages des livres et en y associant de l'interactivité. Le projet a bien sûr démarré dans un objectif de diversification, mais l'usage a révélé que l'application qui offrait une ligne éditorialisée, qualitative et identifiable pour toute la famille (logo rouge typé) a conduit les utilisateurs de l'application pour tablette à venir en librairie acheter les versions papier des oeuvres interactives.
  • Pixar, régulièrement, nous montre des déclinaisons des oeuvres cinématographiques, sous la forme de divers produits dérivés que sont bien sûr les livres, mais désormais aussi les publications digitales et plus récemment, les jeux applicatifs, tel que Cars pour laquelle des objets physiques accompagnent une application pour iPad, clairement inspirée du travail des éditions volumiques (société française).
  • Gwenaëlle Le Cocguen de Lagardère Active présente à son tour des services multi-canaux qui viennent compléter l'offre linéaire de leur partenaire producteur audiovisuel Lagardere entertainment. Une tablette Android bridée, sans Google play et avec contrôle parental, et un site Web des plus visités du jeune public (Gulli.fr), vient offrir un pan entier d'oeuvres animées et ludo-éducatives à nos chers bambins.
  • Même la prudente France Télévisions s'essaye à la création d'objets interactifs (ludo, zouzou) dans lesquels on retrouve des jeux, des séries, et même des pilotes d'animations en test d'audience, qui ne seraient jamais passés à l'antenne si ce terrain plus ouvert et plus libre n'existait pas, en témoignent Pierre Siracusa et Thifaine de Raguenel, les responsables des chaînes jeunesse.
Ainsi, les diffuseurs et quelques start-ups ont bien compris l'enjeu des nouveaux supports et ont saisi l'opportunité encore balbutiante de se positionner sur ce marché émergent mais en très forte croissance (95% des moins de 15 ans sont connectés et 30% des familles sont déjà, à ce jour, équipées en tablettes, selon Lagardere Active). Nul doute que les diffuseurs traditionnels ont beaucoup à perdre à ne pas apparaître sur ces canaux. Nul doute également que les producteurs des oeuvres audiovisuelles, encore peu représentés, ont au contraire tout à gagner à s'y déployer. Une application peut se vendre de 0,89 à 15 euros, certes, mais le modèle le plus efficace est sans nul doute celui d'offrir une application gratuite parsemée de quelques épisodes gratuits, et de proposer un service monétisable d'abonnement ou d'achat à la demande, sur lequel le producteur touchera désormais 70% du chiffre des ventes ! Une offre permanente qui esquive les contraintes liées à la diffusabilité de l'oeuvre et confère aux auteurs d'oeuvres décalées une plus grande liberté de ton. Le client est connecté directement et perpétuellement au catalogue de la prod. Le diffuseur et l'annonceur n'ont plus de regard sur votre production.

La conception d'une application mobile, éditorialisée sur une thématique donnée (sur une série par exemple, ou une tranche d'âge), se révèle une excellente solution d'avenir pour tous les producteurs de séries animées. Plus encore si l'oeuvre est déployée dans un arsenal de produits dérivés plus complémentaires les uns que les autres (approche transmédia), tels que sous la forme de beaux livres classiques ou augmentés, de plateaux de jeux classiques ou augmentés, de pilotes insolites déferlant sur les réseaux sociaux (web séries), entre autres.

Lire aussi :
http://bloc-notes-arzhur.blogspot.fr/2012/11/quapporte-le-transmedia-aux-productions.html
et
http://bloc-notes-arzhur.blogspot.fr/2012/11/une-taxe-sur-les-fai-pour-sauver-la.html

mardi 4 décembre 2012

Adobe Game developer tools


Le gaming selon Adobe. L'avenir de Flash.

Adobe vient de mettre à jour quelques solutions pour accompagner les développeurs AS3 dans la création d'applications mobiles.

Dans les outils disponibles, voici Scout. Scout permet de visualiser les goulots d'étranglement lors du rendu de votre application, à mesure de sa progression, sous la forme d'un spectre visuel. Outil indispensable dans le développement AS3 pour mobile lorsqu'on sait combien les limites de Air impliquent des concessions en terme de développement pour ceux qui souhaitent conserver la souplesse architecturale qu'offre cependant, et toujours, la solution Flash, pour leurs créations.


Vous y trouverez également des extensions pour la gestion de l'espace en 3D (stage3D), ou la complétion C++.

Cet article détaille en français le mécanisme de Scout :

http://www.pureas3.org/fr/adobe-scout-flash-profiler-preview

Consultez également la page Adobe de mise à jour de votre suite de développement pour Air, sur le site de Adobe, pour accéder à toutes les extensions liées au développement mobile en AS3. De nombreuses ressources y figurent, toujours imbitables et en anglais hélas, mais, elles existent :

http://www.adobe.com/devnet/games.html

Le manuel officiel d'utilisation des nouvelles extensions de Air pour mobile (stage3D, Away3D, Starling, Feathers), "Starling", écrit par Thibault Imbert, est disponible en ligne et en anglais à l'adresse suivante :

http://shop.oreilly.com/product/0636920024217.do
ou
http://www.bytearray.org/


Complétez vos lectures par ce somptueux ouvrage dédié également au développement d'applications mobiles en AS3 "Flash IOS Apps Cookbook", en anglais et disponible au format digital à l'adresse suivante :

http://www.amazon.com/Flash-Apps-Cookbook-Christopher-Caleb/dp/184969138X


Pour débuter, mais dans une approche plus élémentaire et ne prenant pas en compte les dernières innovations techniques en terme de performances, néanmoins adapté pour des développements simples, lisez aussi, en français, 3Développement Air pour Android" aux éditions Pearson :

http://www.pearson.fr/livre/?GCOI=27440100039290


L'impression 3D, nouveau canal cross-média


Nous connaissions le Web, le Print, la télévision, les applications mobiles, les livres, les PLV, les mobiliers urbains augmentés, voici désormais l'impression 3D.

Qu'apporte ce nouveau type de publication ? Il ne s'agit pas d'un accessoire d'impression supplémentaire, uniquement, qui vient s'ajouter à la liste des outils disponibles dans l'impression numérique et personnalisable. Il s'agit aussi d'une formidable opportunité pour créer des objets d'art uniques et personnels, de différents matérieux (résine, céramique, métal) à partir d'un moule personnalisable à volonté !

Imaginez, en tant que particulier, créateur ou entreprise, que vous aurez maintenant la possibilité de commander une coque d'ordinateur sur laquelle n'est pas simplement gravée votre nom, mais dont le rayon des coins arrondis ou dont la texture globale change en fonction de votre demande. Imaginez que le volant de votre véhicule automobile ou la souris de votre ordinateur puissent parfaitement épouser l'ergonomie de vos doigts que vous aurez préalablement numérisés à partir d'une application mobile et de sa caméra embarquée. Imaginez également que les écouteurs de votre balladeur se moulent parfaitement à la forme de vos oreilles et que la forme de prothèses médicales puisse être parfaitement adaptée à votre corps. Voyez enfin combien il devient possible pour chaque marque internationale de feindre le tremblé fait main, l'artisanat (façon Arts and Craft), sur des produits de grande grande grande consommation. De nombreux débats en perspective !

Pour découvrir les possibilités encore timides de cette innovation, visitez par exemple le site d'impression d'objets 3D : Sculpteo.

http://www.sculpteo.com/fr

Le cinéma en HFR (high frame rate)



C'est Gaumont qui ouvre le bal avec le nouveau film de Peter Jackson : The Hobbit. Le film sera projetté en HFR, ce qui signifie haute fréquence d'image. Au lieu d'une projection traditionnelle calée sur un rythme de 24ips, ce qui crée parfois des effets stroboscopiques désagréables surtout dans les mouvements de caméra et dans les films en relief, le film sera désormais projeté en 48ips voire plus.

Un nouveau standard qui s'ajoute à d'autres tendances comme le cinéma en 4K (image contenant 4 fois plus de pixels), et le cinéma en HDR (high dynamic range : image offrant une plus grande profondeur de couleurs) et qui devrait relancer l'effet spectaculaire d'une projection cinématographique souvent mise en port-à-faux par rapport à une projection de salon de plus en plus qualitative également.

Peter Jackson annonce préparer une version 2 et 3 du célèbre film Avatar qui devrait également suivre la norme HFR. Gageons que le réalisateur ne masquera pas, pour une fois, les faiblesses scénaristes de son récit par des prouesses purement techniques et qu'en plus d'un spectacle pictural, nous puissions aussi jouir d'un spectacle narratif.

Pour en savoir plus sur les spécifications techniques d'une projection HFR, lisez la page descriptive de la norme sur le site de Gaumont :

http://www.cinemasgaumontpathe.com/offres/les-cinemas-gaumont-et-pathe-innovent-pour-vous-faire-vivre-une-experience-cinema-toujours-plus-spectaculaire.html

lundi 3 décembre 2012

Quel statut pour le scénariste transmédia ?


Le scénariste transmédia est amené à concevoir des oeuvres originales et à organiser leur déploiement à travers différents canaux de diffusion (web, TV, ciné, audio, appli, print). Quel statut juridique et fiscale officiel est-il recommandé pour ces artistes totipotents ?

Selon la SCAM, le scénariste transmédia possède plusieurs étiquettes et il les active comme on tire les tiroirs d'une commode en fonction de la nature de chacune de ses oeuvres. Ainsi, pour chaque type d'oeuvre correspond un statut unique :
  • Oeuvre de fiction = SACD ;
  • Oeuvre documentaire = SCAM ;
  • Oeuvre musicale = SACEM ;
  • Oeuvre graphique = ADAGP ;
  • Oeuvre littéraire = contrat d'éditeur ;
  • Oeuvre d'application numérique = contrat d'auteur AGESSA ou de prestation de service.
Si un projet implique les différents supports, plusieurs contrats sont à définir.

Lorsqu'un contrat est établi entre le producteur et l'auteur, le producteur doit reverser un salaire fixe forfaitaire à l'auteur le temps nécessaire à l'écriture. Puis, à chaque vente de l'oeuvre, le producteur informe le diffuseur de son devoir de reverser un pourcentage des recettes à l'auteur, soit via un organisme (SCAM, SACD, SACEM...) si le diffuseur est français, soit directement à l'auteur si le diffuseur est international.

A la question sur la renégociation actuelle des dispositifs de répartition des droits aux auteurs (soulevés lors de précédents articles), la SCAM répond que le droit moral ne va pas disparaître, mais que le mode de calcul des droits aux auteurs va profondément être remis à plat afin d'intégrer désormais les nouveaux supports. Un changement est donc confirmé, mais le détail du modèle n'est pas encore arrêté. Affaire à suivre.

Etienne Mineur, l'innovation française

Etienne Mineur, co-fondateur des éditions volumiques, agence de 4 personnes seulement située à Malakoff, est sans nul doute l'un des plus probants concepteurs transmédias du moment. Il allie l’ingénieurie applicative à la qualité plastique des supports papiers traditionnels et y confère un sens qui n'existerait pas si seulement l'un des deux supports était isolé. C'est le Michel Gondri du multimédia en somme. Astucieux, souvent drôle, et pourtant très sérieux puisque des géants comme Hasbro travaillent avec lui (Monopoly Apps) et le studio Disney s'est même largement inspiré de ses propres créations pour créer des jeux interactifs basés sur des objets réels tangibles.

Ses projets utilisent tantôt des capteurs électroniques au sein de livres imprimés et permettent d'adapter l'affichage imprimé en fonction du comportement de l'utilisateur et du contexte de lecture (temps de réponse, alcoolémie, chaleur, luminosité).

Etienne déteste les QRCodes et la réalité augmentée purement gratuite. Ce qui prévaut dans son travail, c'est la relation entre l'applicatif et le tangible et l'intelligence qui peut jaillir de cette confrontation. En somme, c'est un concepteur qui travaille d'abord sur le sens des choses, comme un bon scénariste.

Pour découvrir les créations transmédia des éditions volumiques, consultez les sites suivants :

http://volumique.com/v2/

http://www.dailymotion.com/video/xw4h85_etienne-mineur-les-editions-volumiques-soiree-di-zain-3-ecriture-s-4-decembre-2012_creation#.UO50lrY7vv0

Ainsi que leur blog :

http://www.volumique.com/blog/

samedi 1 décembre 2012

TouchPress, excellence de la publication enrichie

TouchPress, agence londonienne, producteur d'ebooks enrichis, crée les publications enrichies les plus extraordinaires mais exclusivement pour iPads sur Apple iOS. Quelques lumières sur leur modèle économique :

1) Des Apps de qualité

TouchPress a compris l'enjeu des nouvelles plateformes mobiles et exploite ses possibilités au maximum pour créer des oeuvres extraordinaires, sans aucune mesure avec tout livre ou site Web existant. Seules les productions audio-visuelles rivalisent, mais sans l'interactivité qui rend si unique l'expérience de ces parutions sur les tablettes.

L'équipe londonienne a réalisé des encyclopédies en 3D interactives accessibles à tous les publics et dans toutes les langues pour environ 15 euros pièce, moins qu'un beau livre. Citons leurs principales parutions et leurs budgets respectifs :
  • The elements (les atomes) : 80% des ventes à l'international.
  • Le livre des objets de A à Z (pour jeunes enfants) : coût de production = 50000€.
  • Solar system : coût de production = 300000€ ; CA = 1000000€.
  • La marche des dinosaures : coût de production = 120000€ ; CA > 120000€.
  • War horse (Cheval de guerre / Spielberg) : coût de production = 180000€.
  • The orchestra : coût de production = 5000000€.
Toutes les parutions sont développées nativement par une équipe d'ingénieurs en interne, en Objective-C (langage propriétaire Apple). Les médias sont produits par des équipes souvent externes au projet et sollicitées au coup par coup.

2) Des Apps uniquement sur iOS

TouchPress avait la possibilité de rendre ses projets également disponibles pour Android, mais s'y est refusée pour des raisons stratégiques. Les productions de TouchPress sont si riches de contenu et de technicité, et ciblent d'abord un public tellement haut de gamme du fait du prix plafond de ses parutions (10 à 15 euros pièces), que l'entreprise voulait éviter le risque de ne pas pouvoir atteindre un public plus modeste traditionnellement utilisateur des tablettes Android.

Par ailleurs, une oeuvre d'une telle qualité, si elle apparaît exclusive à la plateforme Apple, Apple ne manquera pas de communiquer sur elle pour promouvoir son équipement, gratuitement. Ce faisant, TouchPress bénéficie de temps à autres d'une promotion gratuite, bien plus juteuse que ce que pouvait espérer apporter le marché modeste et émergent de la plateforme Android. Le calcul a donc été rapide. Il est préférable pour TouchPress de rester sur iOS, du fait de la cible haut de gamme de ses productions.

Pour en savoir plus sur les productions TouchPress, consultez également leur site Web à l'adresse suivante :

http://www.touchpress.com/

La fin du droit d'auteur !


C'est le 30 novembre 2012, à l'occasion du salon de livre et de la presse jeunesse déroulé à Montreuil, lors de la conférence de clôture d'une journée professionnelle dédiée au transmédia, que Nicolas Georges, directeur du livre et de la lecture, représentant officiel du ministère de la culture et de la communication, a annoncé l'inéluctable fin du droit d'auteur. Deux siècles de lutte pour le respect des oeuvres et de la répartition des droits aux auteurs s'évaporent en un trait de plume. L'origine ? Un certain traité de Lisbonne.

Quelle mouche a piqué notre gouvernement pour engager un processus irréversible de la fin du droit d'auteur ? Tout comme l'avait déjà souligné l'ARCEP et le CSA auprès de la SACD lors d'un précédent communiqué (lire Une taxe pour les FAI), le ministère de la culture réitère le propos, ici auprès des auteurs et des éditeurs de livres, en expliquant que la convergence numérique implique nécessairement :
  • De nouvelles taxes sur les diffuseurs ;
  • Une licence globale pour les bibliothèques et services de prêt ;
  • Une TVA à 20% sur toutes les oeuvres, livres et produits culturels ;
  • La fin du prix unique pour les livres et la fermeture des librairies ;
  • La transposition juridique, morale et fiscale de l'Oeuvre en Contenu (et donc du droit d'auteur au copyright) ;
  • La fin du droit moral ;
  • La nécessaire reconversion des producteurs et éditeurs, en marques commerciales.
1) Taxes sur les diffuseurs

La question n'a été que partiellement abordée par Nicolas Georges, mais elle rejoint celle largement étayée par l'ARCEP et le CSA quelques semaines plus tôt auprès de la SACD. L'absence de ressources pour financer les oeuvres implique une nouvelle taxe sur les FAI. Cette taxe (licence globale) interviendra sur le plan européen pour toucher Amazon, Google et Apple, qui, bien qu'employant quelques milliers de salariés en France et dans les autres pays de l'union, placent leurs sièges au Luxembourg ou en Irlande, et y défiscalisent plusieurs dizaines de milliards d'euros de revenus annuels vers les d'autres paradis fiscaux encore plus probants. En élargissant l'assiette à l'union, la taxe empêcherait au moins la fuite des bénéfices vers les paradis fiscaux européens. Elle n'empêchera pas, cela dit, leur fuite vers l'international. Cette taxe se veut surtout incitative et dissuasive, mais suffira-t-elle à maintenir les revenus des oeuvres sur le continent pour leurs ayants droits ? L'idée de soumettre la loi à l'ONU a été soulevée (l'ONU en effet dispose d'un département Médias). L'ARCEP souligne qu'en l'espèce, une nouvelle réglementation s'imposerait. Affaire à suivre.

2) Une licence globale pour les bibliothèques et services de prêt

La dématérialisation des oeuvres et la vétusté programmée des équipements (tablettes, écrans, liseuses, consoles, smartPhones) va engendrer une nouvelle forme de consommation des oeuvres, par le biais de location ou prêt de matériels et d'accès à un nombre d'oeuvres illimitées. Ces services pourront être proposés par des privés ou par des bibliothèques municipales qui remplaceront progressivement la gestion matérielle d'un stock d'oeuvres (livres, DVD, disques) par un accès à une base de données de biens culturels soumis à licence auprès des groupes de médias et de labels musicaux. Ces librairies virtuelles seront accessibles sur des écrans loués, prêtés, donnés ou achetés. L'expérience illustrée de Medi@tic, plateforme publique d'échange offerte aux habitants de Seine Saint-Denis, pilotée par Dominique Deschamps, témoigne de l'émergence nécessaire de ce type d'offre, selon les organisateurs du salon du livre et de la presse jeunesse.

3) Une TVA à 20% sur toutes les oeuvres, livres et produits culturels

La notion d'oeuvre est, selon Nicolas Georges, subordonnée à la possession d'une copie matérielle de l'oeuvre. La dématérialisation des oeuvres implique donc que l'on ne dispose plus d'une oeuvre, mais, associée à la vétusté programmée des écrans qui les diffusent, d'un service ! Or, un service implique une TVA à 20%. La TVA à 7% actuellement appliquée aux livres physiques pourra être maintenue sur les oeuvres physiques, mais pas sur les oeuvres virtuelles. A cette affirmation, il ajoute que les formes physiques des oeuvres finiront certainement par ne plus être disponibles pour la raison soulevée dans le point suivant.

4) La fin du prix unique pour les livre

Si un livre peut être vendu via une plateforme virtuelle, avec une TVA différente du livre physique, il pourra également afficher un prix libre (conformément aux règles imposées par le traité de Lisbonne sur la concurrence libre et non faussée). De fait, les tarifs contrôlés dans les librairies ne pourront plus être maintenus. Si les libraires veulent pouvoir continuer de vendre, face à un marché du virtuel qui cassera les prix, ils auront besoin d'une élasticité des prix qui leur permettra de se positionner face aux géants de numérique (Apple, Amazon, Google, Fnac, Lagardère...). Le représentant du gouvernement avoue que la fermeture des petits et même des grandes librairies est inéluctable face à une offre si agressive qu'il désigne par les termes de "forte prégnance du modèle zéro" née de l'habitude que les internautes ont de télécharger des oeuvres gratuitement.

Il cite le philosophe français Michel Foucault qui soulevait déjà la question le siècle dernier : "l'ordre des livres est-il fini ?". La meilleure parabole que Nicolas Georges a trouvé pour parler de biens culturels mis en concurrence avec des offres numériques agressives a été "le kilo de tomates". Il ajoute : "on ne conçoit pas imposer un tarif unique à 1kg de tomates, pourquoi l'imposerait-on à un contenu numérique, à un service ?". On ne parle déjà plus d'oeuvre !

5) La transposition juridique, morale et fiscale de l'Oeuvre en Contenu (et donc du droit d'auteur au copyright)

Si une oeuvre n'est plus physique et établie en tant qu'oeuvre ou copie tangible d'une oeuvre, mais simplement remplacée par un service de prêt, de jouissance d'une oeuvre pour un temps, un espace et un matériel à vétusté programmée, donnés, alors, la statut de l'oeuvre en tant que telle n'est plus. De facto, le gouvernement et les nouveaux opérateurs en charge de la diffusion des oeuvres ne parleront désormais plus d'Oeuvre mais bien de Contenu. C'est officiel.

Et cela n'est pas sans effet. La transposition juridique de l'Oeuvre en Contenu implique que le droit initialement aliéné à l'oeuvre se dissout automatiquement. On ne peut donc plus prétendre à des droits d'auteur d'une oeuvre puisqu'il n'existe juridiquement plus d'oeuvre, mais uniquement à une négociation fixe de type "prestation de service" ou "copyright" sur un "contenu", à l'américaine donc. "C'est la fin du droit d'auteur", dixit le porte-parole.

Rappelons que le projet du gouvernement est de tenter de compenser les droits d'auteurs par une répartition partielle de la nouvelle taxe sur les FAI. Les organismes actuels habilités à gérer les droits des auteurs seront bien avisés de faire acte de cette annonce pour prendre rapidement leurs dispositions sous peine de disparaître eux-aussi, puisque s'il n'y a plus de droits d'auteurs et seulement une répartition d'une taxe unique, il n'y aura nécessairement plus, non plus, de société civile habilitée à gérer la répartition des droits d'auteurs.

6) La fin du droit moral

Le droit moral est la faculté pour un auteur d'une oeuvre de contrôler la représentation de sa création et éviter qu'elle soit abîmée lors de ses transpositions possibles. Les diffuseurs d'oeuvres requièrent de plus en plus, il est vrai, d'adapter une création à tous les écrans et à leurs spécificités techniques divergentes (ratios 4/3 pour iPad, ratio 16/9 pour Android, format horizontal/vertical, HD, Retina, basse définition, Web, mobile, TV, etc). Comment adapter une bande-dessinée pour un iPad et un écran Android, sans recadrer nécessairement l'image ?

Mais, en l'absence d'Oeuvre, le droit moral n'a plus lieu d'être non plus. Les diffuseurs d'oeuvres auront désormais la liberté d'adapter une création comme bon leur semble, pour chacun des canaux de diffusion disponibles (tablettes, smartPhone, livre, TV, ciné, Web, console). Le recadrage introduit implicitement la possibilité d'introduire des zones dédiées à des annonces commerciales, au remplacement d'une typographie en fonction de la résolution de l'écran, à des retouches colorimétriques pour adapter les oeuvres à des écrans noirs et blancs ou à encre numérique, etc.

Une oeuvre sera désormais un produit déclinable comme l'est une campagne de communication que l'on restructure en fonction de chaque canal de diffusion.

7) La nécessaire reconversion des producteurs et éditeurs en marques commerciales

Ainsi, les méthodes de diffusion, de création, de gestion des oeuvres, se confondent désormais à la manière dont une entreprise gère l'identité d'une marque. Nicolas Georges reprend une citation des représentants de l'éditeur Hachette lorsque ces derniers redéfinissent le rôle d'un éditeur, face à la menace de nouveaux opérateurs du numérique que sont encore et toujours Amazon, Google, Apple, etc. Hachette relève que le rôle d'un éditeur est de :
  1. Découvrir des auteurs ;
  2. Capitaliser sur le risque de publier une oeuvre ;
  3. Garantir et maîtriser la distribution de l'oeuvre ;
  4. Construire une ligne éditoriale qui pérennise l'identité de la marque et fidélise le consommateur.
Selon Nicolas Georges, seul le dernier point sauvera les éditeurs et les producteurs. Les autres vont disparaître. Ils vont "se dissoudre comme un sucre dans un verre d'eau" pour reprendre cette autre expression explicite de Jean-Ludovic Silicani, président actuel de l'ARCEP.

Conclusion

Le traité de Lisbonne nous oblige ainsi à abandonner une identité culturelle fondée sur deux siècles de lutte, et sans que les auteurs concernés n'aient leur mot à dire. Néanmoins, le représentant du ministère de la culture, en la personne de Nicolas Georges, a, ce jour-là, clairement exposé les enjeux de cette réforme, par une excellente pédagogie et une précision chirurgicale clairvoyante. En revanche, de la même façon que le traité impose ses directives aux auteurs sans qu'ils n'aient pu se défendre, l'organisation du salon du livre et de la presse jeunesse a accompagné le porte-parole en refusant toute question de la part des mêmes auteurs sur ces réformes au porte-parole lui-même. La fin du droit des auteurs n'est pas déjà annoncée, que la fin du droit d'expression des auteurs est effective. Aucun journaliste n'était en outre convié à cette présentation pourtant effectuée devant près de 200 personnes et les principaux représentants de l'édition jeunesse.

La taxe sur les FAI ne garantira qu'une partie de la répartition des droits sur les oeuvres classiques (films, animations, livres). Aussi, les producteurs et les auteurs doivent plus que jamais considérer l'écriture transmédia d'une oeuvre comme l'unique solution pérenne à leurs investissements. Si une création ne prend pas en compte, dès sa conception, les différents canaux de diffusion, ce sont les labels, les groupes de médias, les diffuseurs hors zone Euro, qui bénéficieront de la gestion exclusive des droits des contenus (et non plus des oeuvres) qu'ils diffusent.

Lire aussi "la fin du droit d'auteur" sur le blog de mon ami photographe Jean-François :
http://www.macandphoto.com/2012/04/est-ce-vraiment-une-suppression-des-droits-dauteur-.html#more

Pour ceux que le débat interpelle, vous trouverez, sur le site de la SACD, une pétition vous invitant nos dirigeants à soutenir le maintien des droits d'auteur :
http://www.sacd.fr/Les-createurs-appellent-les-commissaires-europeens-a-defendre-le-droit-d-auteur.3187.0.html

mardi 27 novembre 2012

Devenir spécialiste du serious game


Pour les ex-flasheurs qui cherchent une reconversion utile, et qui hésitent à se mettre au HTML5 dont ils pressentent à juste titre les limites et les maigres possibilités, voici le must du moment, proposé par Etienne-Armand Amato, responsable du Master spécialisé Interactive Digital Experiences, de l'école des Gobelins. C'est un master de spécialiste du serious game, à la croisée du Web, des applis, des jeux, de la 3D et des réseaux sociaux. De la pure bombe atomique !

http://www.gobelins.fr/fi/video/Mastere-Specialise-Interactive-digital-experiences

Le Master des Gobelins en jeu vidéo dure d'octobre à octobre et on y entre sur concours. C'est une formation nouvelle qui démarre ce mois-ci sa seulement deuxième session. Et c'est certainement la formation la plus incontournable pour tous les passionnés d'interfaces riches, connectées, innovantes, et multi-plateformes.

On y apprend la réalité augmentée, les interfaces de jeu, on code en natif, avec les réseaux sociaux, de la vidéo, des databases, des sessions poussées, du streaming, etc. Bref, la crème de la crème. Je vous la recommande vivement. Elle est en plus éligible au Fongecif, accessible donc aux adultes en formation continue.

A tous ceux qui se reconvertissent donc, et qui cherchent à créer des immersions spectaculaires comme jadis en Flash SWF, ne vous embarrassez pas d'un stage HTML5 déjà désuet. Foncez plutôt vers l'indispensable et vers ce qui vous mettra au rang des leaders de la nouvelle économie du transmédia pour au moins une génération, et ce, que vous soyez développeur ou designer.

L'innovation est au grand ouest !



L'Express entreprise, à son tour, met en avant cette semaine l'innovation technologique des régions du grand ouest. Nous y retrouvons des projets de modélisation des villes en 3D, de cabines d'essayage virtuelles pour le textile, de services de santé connectés, d'écrans vidéos HDR (à haute profondeur colorimétrique), entre autres, et qui pourraient bien s'investir dans nos foyers dans les prochaines décennies.

Après l'agriculture, la pêche et l'armée, l'ouest qui a vécu toutes les transformations économiques, semble s'être trouvé un nouvel horizon : l'industrie de services hi-techs.

http://lentreprise.lexpress.fr/recherche-et-developpement/nouvelles-images-nouveaux-reseaux-7-innovations-du-grand-ouest_36974.html?p=6#content

vendredi 23 novembre 2012

Statistiques sur les réseaux sociaux


Emailvision.fr vient de publier quelques chiffres sur les réseaux sociaux. On y découvre non sans surprise que Facebook et Twitter sont les deux principaux axes de communication des entreprises. Et que ces canaux de communication servent avant tout à placer leur notoriété. Les utilisateurs, de leur côté, privilégient les offres promotionnelles ou les événements marquant (humour, insolites, qui valent le détour !).

En résumé, aujourd'hui, pour exister sur les réseaux, rien ne sert d'être présent si l'on n'a objectivement rien d'intéressant à dire ; )

Lire aussi l'article suivat de contactLab :
Article de contactLab sur l'impact des réseaux sociaux.


Thanksgiving : promo sur le software


Corne d'abondance et poularde, c'est le traditionnel thanksgiving aux USA qui arrive avec son lot de promotions. Profitez ces jours-ci des offres attractives et des remises importantes des éditeurs de logiciels :
  • Apple, offre un chèque cadeau ;
  • Adobe, offre des remises jusque 40% ;
  • Aquafadas, offre des remises jusqu'à 50% sur les logiciels et les extensions DPS (jeux) ;



Il n'y a pas d'obsolescence en vue, non non, c'est juste thanksgiving, c'est cadeau ! Ca ne dure que quelques jours. Profitez-en !

lundi 19 novembre 2012

Classes AS3 mobiles et 3D


Voici un article intéressant qui recense quelques classes ActionScript 3 incontournables pour vos développements d'applications à destination des plateformes mobiles :

http://www.scopart.fr/2012/02/10-outils-flashas3-indispensables/

On y retrouve une liste de classes et un descriptif détaillé de leur utilisation :

Si vous utilisez également des classes pour vos développements mobiles, n'hésitez pas à indiquer en commentaire de cet article celles que vous préférez pour que je les inclue également dans cette liste. Merci pour votre participation.

Lire également cet article sur le kit special gaming de Adobe, sorti fin novembre :
http://bloc-notes-arzhur.blogspot.fr/2012/12/adobe-game-developer-tools.html
 

MovieCreation : la vidéo pour le Web



Le hors-série numéro 13 du magazine MotionVideo, paru ce mois-ci, traite de "La vidéo pour le Web". Y figure un article détaillé sur la publication de votre vidéo à destination des plateformes mobiles, à partir de Flash Pro, rédigé une nouvelle fois par votre serviteur ; ) Cet article complète le précédent numéro de MotionDesign, paru le mois dernier, dans lequel j'avais parlé de l'export Canvas de Flash Pro CS6.

Dans ce numéro de plus de 120 pages, vous trouverez des interviews de réalisateurs de Web série, des techniques d'exportation vidéo pour le Web et les réseaux sociaux, la création d'une WebTV en direct pour Facebook, entre autres.

Pour découvrir un extrait du magazine, et accessoirement y lire un de mes articles offert en démonstration, cliquez sur le lien suivant :

http://www.calameo.com/read/00097360943b9c310796d?authid=ElFwioqh5nmE

vendredi 16 novembre 2012

Réaliser un livre interactif SWF/iOS/Android


Voici comment réaliser un livre interactif connecté à des données XML, animé, et déclinable pour le Web, iOS et Android !

Indesign, le logiciel standard de la mise en page, dispose d'un export permettant de réaliser un livre interactif avec l'effet "page qui tourne" au format Flash SWF. Flash permet d'exporter en SWF mais aussi pour iOS et Android. Beaucoup me demandent comment créer un tel livre, et le rendre totalement dynamique, sans avoir à rééditer le fichier natif InDesign pour le mettre à jour. On me demande aussi dans quelle mesure ce type de parution peut être compatible avec les plateformes mobiles. Voici la réponse :

> Télécharger le fichier zip.

1) Dans Flash, réalisez chaque page selon le même gabarit. Et prévoyez que chaque page mesure la moitié de la largeur du livre ouvert. Par exemple, si votre livre doit mesurer 800x600px une fois ouvert, créez autant de fichiers de format 400x600px que de pages dans votre livre. Dans Flash, Chaque page doit utiliser un masque afin d'éviter que les contenus éventuellement placés hors champ n'apparaissent sur les autres pages du même livre, une fois la composition effectuée dans InDesign.


2) Exportez les pages Flash au format SWF dans un dossier de travail, où vous enregistrerez également plus tard le fichier InDesign.

3) Créez un document InDesign pour le Web (unités en pixels) composé de plusieurs pages en vis-à-vis. Le format de page doit être identique au format du fichier Flash si vous souhaitez que le Flash couvre intégralement votre mise en forme (dans notre exemple : 400x300px). Enregistrez le fichier InDesign natif (.indd) dans votre répertoire de travail, près des pages en Flash préalablement créées.

4) Dans chaque page, vous importez ensuite les fichiers SWF un à un ou en lot (Fichier>Importer ou Cmd+D pour Mac, Ctrl+D pour Windows) comme si vous importiez une simple image.

5) Une fois importés, par défaut, les blocs affichent un simple icône Flash sans aperçu de votre mise en forme ; et lors de l'export, le Flash ne sera joué que si l'utilisateur clique sur la page. Pour activer un aperçu de la page et activer la lecture automatique de l'animation de votre page en Flash, faites Fenêtres > Objet interactif > Multimédia. Puis, pour chaque page importée, cochez "Lire au démarrage de la page" et dans le menu "Affiche", sélectionnez "de l'image en cours" pour capturer la première image du SWF en guise d'aperçu, ou bien, importez votre propre image d'aperçu en sélectionnant la dernière option. Dans votre composition, vous pouvez alterner des pages en Flash et des pages classiques InDesign et mixer, dans une même page, des objets interactifs en Flash et des objets graphiques traditionnels (textes et images). Notez toutefois que seuls les éléments en Flash externalisés pourront être mis à jour dynamiquement.


4) Exportez le livre au format Flash SWF (Fichier > Exporter ou Cms+E pour Mac et Ctrl+E pour Windows) dans le répertoire de travail. Et assurez-vous que l'option "Coin de pages interactifs" soit cochée lors de la confirmation de l'export. Dans votre dossier de travail, apparaît désormais le fichier SWF de Indesign (ici : livre.swf) ainsi qu'un répertoire "Ressources" dans lequel InDesign a copié les SWF importés.


5) Il vous reste à lancer la page HTML générée par InDesign, dans votre navigateur, ou bien, à importer le livre.swf dans un autre document Flash si vous souhaitez l'associer à un site réalisé au format Flash SWF. Attention à ne pas modifier l'organisation des fichiers car les éléments sont tous liés entre eux.

6) Pour mettre à jour dynamiquement votre parution, inutile de réouvrir InDesign. Il suffit de rééditer chaque page au format Flash FLA et de l'exporter au format SWF en lieu et place des pages à présent localisées dans le répertoire Ressources. Seul l'aperçu généré en dur dans InDesign et les éventuels éléments mis en forme au sein de InDesign en complément de vos fichiers Flash persisteront. Mais les fichiers SWF externes, demeurant extérieurs au livre, seront instantanément mis à jour.

7) Pour rendre le livre encore plus dynamique (au sens du traitement dynamique des données), vous pouvez associer chaque page en Flash à des médias externes aux fichiers SWF eux-mêmes (images, vidéos, xml), par exemple, et permettre ainsi le développement d'un livre interactif connecté à une base de données. Le format Flash utilisé à l'export de InDesign est compatible avec les animations et les composants tels que FLVPlayBack. Les pages peuvent donc être confortablement enrichies.

Attention, cet export est au format Flash SWF et ne sera pas disponible sur bon nombre de périphériques mobiles ni encapsulable dans une application Air. Il sera compatible uniquement pour des parutions au sein de sites en Flash. Néanmoins, les mises en forme réalisées au sein des pages Flash pourront être réutilisées dans un export Air et proposer une version mobile de la parution, sous la forme d'une application pour iOS ou Android spécifique.

8) Pour un export mobile, vous devrez créer une application spécifique pour iOS et Android, via Flash Pro, Builder ou Flex, à partir des données insérées dans chacune de vos pages Flash. Vous ne disposerez pas de l'effet "page qui tourne" mais vous pourrez, mieux, déployer une interactivité adaptée aux mobiles (gesture multipoint, localisation, accélération, etc). En utilisant des données externes (images externes, vidéos externes, xml), vous pourrez alors centraliser la gestion des mises à jour de votre parution InDesign SWF et des versions mobiles de votre projet.

Si vous souhaitez obtenir une formation détaillée sur ce mécanisme, n'hésitez pas à me contacter. Je vous mettrai en relation avec les centres de formation agréés pour lesquels j'interviens.

Qu'apporte un magazine réalisé via Flash et InDesign par rapport à un magazine réalisé à l'aide des exports Adobe DPS ou Aquafadas ? Le livre via Flash ne requiert pas de licence de parution, et chaque page peut être dessinée sur mesure et intégrer des développements sophistiqués, des jeux, des quizz, des données connectées, des vidéos, etc. Mais aucun système d'arborescence et de navigation de page à page est disponible par défaut dans Flash, contrairement aux dispositifs DPS et Aquafadas. L'avantage des parutions digitales DPS et Aquafadas réside donc dans la gestion simplifiée et désormais conventionnelle des articles et du système ergonomique de lecture des pages. Cette ergonomie, dans le cadre d'un projet Flash, devra être développée manuellement. L'option Flash convient donc pour des périodiques connectés et ludiques, mais peu volumineux et où chaque page reste isolée par rapport aux autres.

jeudi 15 novembre 2012

SATIS 2012 : focus sur Canon


Le SATIS 2012 qui s'est déroulé dans la halle Freyssinet (Paris XIII) du 13 au 15 novembre, a étayé l'offre audiovisuelle de Canon sur sa nouvelle gamme de boîtiers, et dévoilé quelques informations en avant-première sur les produits 2013 et notamment la prochaine mise à jour du 5D Makiii ! Nous revenons également sur la sortie du tout nouveau 6D, pour le loisir.

Si tout le monde admire en arrivant les prouesses médiatiques de la caméra désormais célèbre GoPro nouvelle génération qui filme en 4K à 12 images par seconde, sans qu'aucune image n'ait cependant été dévoilée, la véritable innovation du salon vient de Canon.


Canon nous dévoile sa nouvelle gamme de caméras vidéos HD, parées pour le 4K et la vidéo non compressée ! On y a retrouvé les boîtiers suivants (prix boîtiers nus).

1) Canon C100

6 000€ HT / Full HD / 4.2.0 AVCHD / monture EF
Modèle compacte, il permet de filmer qualitativement en Full HD pour la vidéo sans post-production sophistiquée du fait d'un taux de compression assez important de l'image. Idéal pour reportages Internet, événements sociaux, institutionnels avec connectique audio intégrée (par rapport à un boîtier Reflex tel que le 5D, plus bruyant, sans connectique, avec limites de captation dans les mouvements panoramiques et une plus faible autonomie).

2) Canon C300
13 000€ HT / Full HD / 4.2.2 / monture EF et PL
Compression moins forte que le C100, le signal permet ici un traitement en post-production pour trucages et effets spéciaux colorimétriques. Sa monture est plus polyvalente. Idéal pour la pub et le broadcast (reportages, séries).

3) Canon C500
22 000€ HT / 4K en 4.2.2 ou 2K en 4.4.4 RAW / compatible optiques ciné à fréquence 4K
Le must ! Une caméra ciné à un prix "canon" ! Image 4K, 2K, Ultra HD (Quad HD), full HD. Toutes les résolutions et tous les ratios y passent. La captation 2K non compressée ouvre un champ incroyable de post traitement de l'image pour des incrustations de décor à partir de captations sur fond vert au cheveu près, des retouches colorimétriques d'une finesse que seule égale la photographie. Le boîtier est également adapté à de nouvelles séries d'optiques de fréquences propres à la captation en 4K (evite les effets de moirage et les aberrations chromatiques des autres types de capteur 4K qui existent sur le marché).

4) Canon EOS-1D
6 000€ HT / 4K en 4.2.0 / Full Frame (vrai 24x36)
Un Reflex Full frame, de capteur presque 2 fois plus grand que les caméras vidéos C100, C300 et C500 basées elles sur un capteur dit Super35 (proche d'un APS-C en réalité). Il donne un piqué photo inatteignable en vidéo. Ce Reflex offre une image 4K que ne permet pas encore d'atteindre son petit frère le 5D Markiii (attendre avril 2013), également full frame.

5) Canon 5D Markiii, collection 2013 !
Prix : 3300€ HT / Full HD / 4.2.0 / full frame (vrai 24x36)
Pour répondre aux prouesses du Nikon D800E annoncées au printemps dernier qui permet d'exporter en 4.2.2 (voir notre article à ce sujet), quelques mois à peine après l'arrivée du 5D Markiii, Canon remet le couvert et devrait mettre à jour sa collection de Reflex full frame d'entrée de gamme dès le mois d'avril 2013. L'appareil offrira une compression vidéo moins forte, de type 4.2.2, identique à celle proposée par Nikon, mais dans un boîtier pour le coup bien plus polyvalent. C'est ma sélection !

6) Canon EOS 6D
Prix : 1760€ HT / Full HD / 4.2.0 / full frame à 97% (vrai 24x36 à 97%)
Le dernier né de Canon n'était pas présent au SATIS, et pour cause, il est sorti un mois après le salon. Mais il entre dans la gamme des Canon full HD. Nous l'ajoutons donc à notre palmarès.
Il est plus compact, plus léger et moins cher que son grand frère le 5D Markiii, mais attention, son autofocus digne des anciens argentiques ne vous permettra pas de réaliser d'aussi belles images fixes ou animées en faibles lumières. Il est automatique pour la captation vidéo, ce qui n'est pas sans causer de problème sur la stabilité de l'enregistrement et les parasites sonores qui accompagnent cette contrainte. L'absence de Flash intégré confirme l'orientation très "uniquement en bonne exposition" du boîtier. Pas de contre jour, pas de pénombre au programme. Quelques accessoires en moins justifient également son prix plus accessible (pas de sortie audio, pas de deuxième slot SD). Quelques gadgets viennent valoriser l'offre mais seront d'une maigre utilité : Wifi, GPS. Le 6D se révèle donc un boîtier plutôt réservé à de la bonne photo de loisirs, en vacances au soleil, en mariage au soleil, entre amis au soleil. Il n'est pas adapaté à de l'enregistrement vidéo sauf pour les sujets immobiles et bien exposés. Pour les pros et pour plus de souplesse, on restera sur le 5D Markiii, plus souple et polyvalent et dont la mise à jour software d'avril 2013 s'annonce prometteuse.

Pour résumer, Canon reste dans la course et devance même ses concurrents. Les nouveautés boîtiers Canon du SATIS 2012 vont incontestablement ouvrir l'audiovisuel vers de nouvelles images nettes et profondes, à des niveaux de luminosité incroyablement faibles, le tout, avec une grande mobilité !

Pour en savoir plus sur la captation vidéo à partir d'un reflex numérique, lisez aussi l'article comparatif sur Canon 5D Markii, Canon 5D Markiii et nikon D800E :
http://bloc-notes-arzhur.blogspot.fr/2012/05/5d-mark-2-mark-3-ou-d800e-que-choisir.html

mardi 13 novembre 2012

Une taxe sur les FAI pour sauver l'audiovisuel


Jean-Ludovic Silicani, président de l'ARCEP, a annoncé ce lundi aux membres de la SACD, la nécessité de fusionner le CSA et l'ARCEP et de créer une taxe européenne sur les FAI. Une révolution culturelle !

Les oeuvres audiovisuelles circulent désormais de plus en plus sur les réseaux telecoms (gérés par l'ARCEP) et bien moins sur les réseaux hertziens (gérés par le CSA). La fin de la domination du réseau herztien, programmé pour les prochaines années, annonce de fait la fin du système actuel de répartition des droits de diffusion, spécifique à l'audiovisuel hertzien français et à la chronologie maîtrisée des médias spécifique à ce circuit de diffusion. Cet événement amorce une révolution culturelle à deux issues possibles, nous a signalé le président :

1) Soit aucune mesure n'est prise et c'est la mort du système actuel de protection des oeuvres sur le territoire qui se confirmera en moins de 5 ans, suivie de l'écrasante hégémonie des diffuseurs globaux venus de l'Internet (Google, pour ne pas le citer) sur nos diffuseurs traditionnels (France television, TF1, Canal+...).

2) Soit Une action est prise au niveau européen visant à réguler la diffusion des oeuvres sur tout le continent (paradis fiscaux compris), et taxant télévisions, opérateurs, FAI et tout ce qui diffuse des oeuvres, et l'on pourra alors répartir de nouveau les bénéfices de cette taxe aux producteurs des oeuvres, et à qui de droit.

L'ARCEP se donne 5 ans pour agir et confirme ainsi l'analyse soulevée avant-hier dans ce précédent billet sur la nécessité pour les producteurs et les diffuseurs de s'intéresser de plus en plus à ce qui se passe du côté des nouveaux supports de diffusion que sont le Web, les tablettes et les mobiles afin de préparer leurs activités à cette révolution culturelle et pérenniser, par ce biais aussi, leurs droits et leur influence.
 

dimanche 11 novembre 2012

Le transmédia et la production audiovisuelle

Les producteurs audiovisuels français sont au pied du mur. Depuis la convergence du numérique, les spectateurs sont progressivement passés du cinéma et de la télévision aux médias connectés (L'ARCEP annonce 43% des oeuvres visionnées en dehors du réseau hertzien et échappant au droit d'auteur). Comment le transmédias peut-il sauver la production audiovisuelle française et préserver la culture française ?

Le modèle économique de la production audiovisuelle française est globalement fondé sur de l'argent public (régions, institutionnels du cinéma, taxes, redevances) et sur les revenus publicitaires des télévisions. Lorsque l'état qui n'a plus d'argent ferme le robinet des subventions et que les marques qui alimentent les espaces publicitaires des diffuseurs se déplacent vers les nouveaux médias, le modèle de financement classique et la chronologie actuelle des médias apparaissent désuets.

L'absence de revenus par les circuits traditionnels menace ainsi très sérieusement toute la création audiovisuelle hexagonale si celle-ci ne se remet pas rapidement en question. A défaut de financement, en effet, les productions les plus fragiles vont d'abord disparaître, puis les plus gros se feront racheter progressivement par les nouveaux géants de la communication connectée, généralement américains. Et là, même la publicité française ne pourra plus aider la création française. Il en sera fait de la production audiovisuelle et de la spécificité culturelle à la française.

Analyse :

Si l'on observe du côté des nouveaux médias, quelles créations marchent bien ? Par quoi les spectateurs des anciens circuits sont-ils attirés ? Quel est le mécanisme de financement de ce secteur ? Comment les productions audiovisuelles peuvent-elles participer à la profitable envolée économique liée à ces nouveaux usages ? Comment réussir à se faire une place devant des agences de communication qui ont les dents longues et engrangent les milliards de profit de la publicité autrefois réservée aux circuits traditionnels (télévision, production, presse) ? C'est la question que se pose notre gouvernement en proposant maladroitement de taxer Google. Les mesures du CNC, des télévisions et des régions sur la création incluant les nouveaux médias suffisent-elles, par ailleurs, à combler les attentes des producteurs ?

L'audience des nouveaux médias se fonde sur des contenus libres, gratuits, partageables, qui font le buzz, voire, qui se monétisent si le contenu le justifie avec seulement 30% de cession de droit au diffuseur. Le mécanisme s'est progressivement mis en place sans les marques et sans financeur dans un premier temps. Le succès d'initiatives personnelles a seulement plus tard interpellé les marques. Puis, très vite, les marques dont le portefeuille publicitaire est géré par les agences de communication, qui par ailleurs maîtrisent les techniques de création liées aux nouveaux supports, ont pris le train en marche. Et ça marche ! Un plan de com induit désormais tous les médias en valorisant chaque support pour ce qu'il apporte : papier, réseaux sociaux, jeux interactifs, web séries, applications mobiles, et bientôt, des fictions pour les télévisions connectées. Le mécanisme est si puissant que même les télévisions ne coproduisent quasiment plus que des programmes déjà fédérateurs sur les réseaux sociaux.

Le grand succès des contenus diffusés sur les nouveaux médias tient en grande partie de leur résonance avec l'actualité, leur spontanéité, leur éphémèrité, leur improbabilité. Et c'est cette insolence juvénile qui dérange. Or, ce type de narration apparaît bien différent des longues séries, des longs métrages, conçus dans la durée et pour durer, dans un circuit économique lent et lourd, fusse-t-il qualitatif et bien huilé.

En quelques années, la lente mais grande créativité des productions classiques s'est ainsi vue absorbée par l'efficace et rapide créativité des agences de com. Le secteur de la production audiovisuel traditionnel est passé, lui, à l'agonie.

Quelle est la solution ?

En tant qu'ingénieur pédagogique pour des formations initiales commandées par les agences de communication (AACC), pour le compte de l'école des Gobelins, nous avons constaté une demande importante de la part des agences de com pour recruter et former les métiers du transmédias et du multi-canal afin de répondre aux budgets colossaux des marques vers ces nouvelles pratiques. La demande a été telle que les stagiaires candidats à ce diplôme étaient déjà embauchés dès l'entretien d'entrée pour la formation !

Or, comment ces agences vont-elles réaliser les contenus commandités par les marques ? Elles recrutent les spécialistes de ces nouveaux médias. Elles font travailler leurs équipes de motion designers en interne, leurs graphistes, leurs programmeurs, leurs vidéastes, des photographes, des auteurs-rédacteurs-scénaristes débauchés des circuits traditionnels, tous formés dans les plus grandes écoles de communication et de design. Lorsque les finances sont plus dures, en ce moment par exemple, beaucoup sous-traitent la production à de nouvelles jeunes équipes de production audiovisuelles "hors circuit" ou d'animation, conduites par d'anciens graphistes et webdesigners salariés devenus freelances, voire de plus en plus par des studios localisés dans des pays en développement.

Les agences ont besoin de contenus de qualité créés par des experts de l'audiovisuel. Et les producteurs audiovisuels experts dans la création audiovisuelle ont besoin de se diversifier pour compléter l'activité ralentie des circuits traditionnels.

Les producteurs qui n'ont pas encore franchi le cap doivent par conséquent prendre une décision. Ils doivent choisir entre :
  1. continuer à dépendre uniquement d'un circuit de financement lent bien que qualitatif ;
  2. innover en investissant dans le transmédias, la production de web séries sponsorisée, recruter des chefs de projets et scénaristes issus de la communication digitale, concevoir films avec le mécénat des marques, souvent ouvertes à l'absence de placement de produit plus que les télévisions elles-mêmes.
Si l'ouverture vers le mécénat pose un vrai problème d'éthique aux productions traditionnelles, rappelons que : une oeuvre obéit toujours à des compromis. Dans les circuits classiques, les financeurs orientent l'oeuvre, les chaînes qui les diffusent la réécrivent. Pire encore, elles la coupent d'espaces publicitaires qui décident de la conformité de l'oeuvre. Où est l'autonomie de l'oeuvre ? A l'inverse, admettre dès le départ un mécénat avec une marque ou une fondation, permet bien souvent de rendre l'oeuvre autonome si elle s'inscrit, par hasard, dans la même ligne éditoriale que la marque, et sans nécessairement représenter la marque physiquement dans l'oeuvre. Sans aller jusqu'à un virage radical vers une production uniquement sponsorisée, on peut en revanche imaginer un pôle transmédias, au sein d'une production classique, qui se chargera de produire pour les marques avec la possibilité de dégager les profits générés par les marques à destination d'oeuvres plus "pures" d'un point de vue éditorial.

Les formations sur le transmédias, les aides à l'écriture transmédias, les discussions sur le transmédias, ne sont pas vaines. Pour sauver l'audiovisuel français, le transmédias répond aux recommandations du CNC, des institutionnels et des télévisions. Il vous prépare à une future mutation des médias.

vendredi 9 novembre 2012

Video interactive en Javascript


Grand utilisateur de Flash Pro pour la création de sites d'immersion en vidéo et d'interactivité liée à la vidéo, j'ai longtemps attendu avant d'utiliser le Javascript pour piloter la vidéo d'un site, parce que je ne trouvais pas de classes équivalentes en HTML5 pour gérer l'interactivité liée à la vidéo aussi bien que dans Flash. Mais voilà qui est résolu !

Voici cuepoint.js, le successeur de Flash pour la vidéo. Vous pouvez télécharger la classe Javascript directement à l'adresse suivante.

http://www.cuepoint.org/

Le principe des cuepoints en vidéo est de synchroniser des actions pendant le déroulement de la vidéo, et uniquement si la vidéo avance. Cela garantit la synchronisation des actions avec la vidéo et permet de créer, par exemple : des sous-titres ou des animations.

Inversement, la classe cuepoint.js permet aussi de piloter la vidéo à partir d'un dispositif de chapitrage, un menu composé de liens, en somme.

Le Javascript, plus que HTML5, permet de réaliser des sites véritablement transversaux. A bons entendeurs... ; )

Actionnaires Apple (AAPL) : vendez !


Avis aux investisseurs, Apple aurait mangé son pain blanc.

En 2006, je me souviens avoir recommandé à un ami avocat et à mon banquier qui m'a remercié depuis, l'achat d'actions Apple alors qu'elles ne valaient que 100 dollars. Aujourd'hui, elle en vaut plus de 550. Je conseillerai à ces mêmes personnes, aujourd'hui, désormais le cap. Explications :

Il se vend désormais plus de Samsung Galaxy III que d'iPhones.
Microsoft vient de sortir un OS qui rivalise avec MacOS et iOS.
L'action Apple est à son plus haut niveau et, sans innovation majeure, ne peut maintenant que baisser.
Apple, enfin, a peu à peu bloqué tous les services concurrents sur ses périphériques et condamne ses utilisateurs à migrer vers d'autres marques :
  • Google Plan : lien impossible entre Mail et GoogleMaps, Plan est moins complet que Maps sur certaines zones géographiques.
  • Google Youtube : L'application est retirée de l'iPad. Seule la version iPhone subsiste et propose des vidéos de qualité médiocre.
  • Flash player : débat clos. Première victime colatérale de la volonté égémonique de Apple voulant imposer ses Apps à la place des sites en Flash.
  • Instapaper : application qui stocke les sites de textes, les images et les vidéos pour les lire en différé sur un ordinateur, sans pub et sans passer par le circuit fermé et contrôlé de Apple, qui vient de reprendre ces fonctionnlités dans Safari et un iCloud (payant).
  • Une connectique pour chargeur qui impose le renouvellement de tous vos périphériques autrefois compatibles avec iPhones et iPads.
  • L'absence de ports USB et de lecteurs de disques et de cartes pour éviter d'accéder à des médias autrement que via iTunes ou App store.
  • Le bouton de navigation principal, physique, ne marche plus au bout de quelques mois d'utilisation et fait regretter, pour ceux qui ont testé les systèmes concurrents, le bouton virtuel embarqué dans le système et les applications.
  • L'arrivée d'un système de paiement par iPhone qui va bientôt permettre d'imposer aux commerçants de reverser une marge contre chaque achat effectué avec le périphérique.
  • Même des contenus HTML5 dits ouverts, publiés sur le site de Apple, ne fonctionne que avec Safari. Bravo l'ouverture et la leçon d'accessibilité !
  • Il nous est désormais interdit de dessiner avec des coins arrondits (Apple en a acquis le brevet).
Comme le rapporte également ce blog anglosaxon d'un acien fan de la marque Apple, il n'y a finalement pas d'équivalent, dans les services Apple, qui justifieraient que l'on reste encore chez Apple. Ainsi :
  • Dropbox vaut mieux que iCloud,
  • Skype vaut mieux que Facetime,
  • Chrome ou Firefox et désormais IE10, valent mieux que Safari,
  • Instapaper vaut mieux que Safari's reader,
  • Google Plan vaut mieux que Apple Plans,
  • les services de VOD et les TV connectées valent l'AppleTV,
  • Siri ne reconnaît pas grand chose et manque évidemment de discretion, ce qui le rend inutile.
Si à cela on ajoute que les produits Apple sont souvent volés dans les lieux publics, et que le nouveau brevet que Apple vient de déposer et qui l'autorise à neutraliser tout périphérique non conforme à une utilisation qui respecterait l'éthique de la marque (blocage déjà maintes fois controversé dans la manière dont Apple gère l'éditorial de ses applications distribuées sur App store), il ne restera pas grand chose en effet aux utilisateurs de plus en plus frustrés pour franchir le pas de nouveautés plus tendances, plus alléchantes, plus ouvertes, ...vers d'autres marques. Suivez le mouvement.

Vendez !

>>>>>> Mis à jour le 22 novembre :


 Voici un article du journal du net qui, 2 semaines après le mien ; ) confirme mon analyse :

http://www.journaldunet.com/patrimoine/finances-personnelles/action-apple.shtml?utm_source=benchmail&utm_medium=mail&utm_campaign=ML158_E10234733&f_u=14183370 

>>>>>>> Mise à jour le 23 novembre :

Capital confirme la tendance :

http://www.capital.fr/bourse/interviews/wall-street-finira-par-flancher-et-apple-pourrait-perdre-50-790104#xtor=EPR-225

>>>>>>>> Mise à jour le 06 décembre :

La baisse se confirme avec une dépression de -23% depuis le 19 septembre, sortie officielle de l'iPhone 5. Une petite remontée devrait se dessiner à proximité de la traditionnelle keynote de fin janvier. Mais la tendance générale est donnée.

>>>>>>>> Mise à jour le 24 janvier 2013 :

L'action est descendue de 700$ en septembre à 460$ ce jour, soit -45% :
http://www.ouest-france.fr/actu/multimedia_detail_-Apple.-Malgre-des-ventes-records-la-Pomme-gagne-moins-d-argent_3725-2156916_actu.Htm

Enquête SOFIA/OpinionWay sur le livre numérique


La SOFIA (société française des intérêts de l'auteur de l'écrit) a publié une enquête à destination de ses adhérents, en partenariat avec le SNE (Le syndicat national de l'édition) et la SGDL (la société des gens de lettres). Elle révèle le type de contenu recherché par ceux qui possèdent un périphérique mobile (smartphone, liseuse, tablette).



Dans cette enquête, menée par OpinionWay sur un échantillon de 1994 personnes, en septembre 2012, nous apprenons que :
  • Les téléchargements ciblent d'abord des livres sans valeur ajoutée technique spécifique au support ! Ils contiennent peu d'interactivité. Leurs contenus se focalisent plutôt sur des textes, des visuels, des images HD, des vidéos HD, des animations. Pour plus de 2/3 des acquisitions !Il est à préciser que la plupart des parutions étant des copies de livres papier, il est donc logique qu'ils n'intègrent encore que très peu les possibilités techniques pourtant disponibles dans ce nouveau format.
  • Les téléchargements sont légaux car les utilisateurs ont pris conscience de l'intérêt de respecter de plus en plus le droit des auteurs. 58% des acquisitions sont des achats payants. Les autres sont soit gratuites soit illégales.
  • La compacité de la plateforme et sa mobilité motivent principalement les achats de livres numériques.
  • Les acheteurs de livres numériques ont pour 73% déjà acheté un livre numérique et sont déjà de grands lecteurs de livres papiers.
  • Le livre papier est préféré cela dit pour son confort, sa facilité de partage et la variété du choix.
  • Le prix plus attractif motive également l'achat du format numérique.
  • 14% de progression des achats de livres numériques en 6 mois seulement !
  • Une cible qui passe 1h/j à lire, en moyenne.
On relèvera également une enquête du Figaro qui réconforte les auteurs et les libraires sur le choix privilégié des français pour leurs cadeaux de Noël avec en 1er rang : le livre papier. Le high-tech trop onéreux semble ne plus être en vogue dans ce contexte économique incertain. Le livre reste, selon le groupe de presse pourtant présent sur ces périphériques mobiles, une valeur sûre.

Ainsi, les caractéristiques des contenus numériques commencent à se révéler. On distingue :
  1. D'une part, les applications mobiles et connectées, téléchargées depuis les stores des éditeurs d'OS (Apple, Microsoft, Google).
  2. Les livres numériques sans grande technicité mais concentrés sur le contenu (images, textes, voire vidéos et animations). Les livres techniques sont en devenir !
  3. Et le livre papier traditionnel qui met en avant l'objet en tant que support.
Pour améliorer la production de contenus vers les différents périphériques, il convient donc de mieux marquer le territoire occupé par chaque type de parution. Il est préférable d'augmenter la technicité (3D interactive, immersion, calcul, partage) pour les applications mobiles afin de les distinguer davantage des parutions à lire (magazines, livres), mais d'augmenter paradoxalement la valorisation des contenus embarqués dans les magazines et les livres numériques pour les distinguer aussi des livres papier. Le livre numérique, le magazine, doivent privilégier l'immersion fantastique ou ludo-éducative, là où l'application va privilégier le service et la connectivité. Le livre papier mettra l'accent sur le toucher.

Concernant le livre papier, tout n'est pas perdu ! Le support séduit encore et augmente dans l'appréciation des consommateurs. Pensez par conséquent à le valoriser pour les propriétés qui lui sont propres (texture, parfum, partage, possession de l'objet, manipulation des pages pour la jeunesse, couleurs plus subtiles de la quadrichromie et des Pantones que sur l'écran pour les visuels).

Voici le PDF de l'analyse de la SOFIA sur l'enquête de OpinionWay (avec l'aimable autorisation de la SOFIA) :

http://www.arzhurcaouissin.com/_partage/sofia/barometre-sofia-sne-sgdl.pdf

Voici l'enquête de OpinionWay (avec l'aimable autorisation de la SOFIA) :

http://www.arzhurcaouissin.com/_partage/sofia/barometre-livre-numerique-opinionway.pdf

Voici l'enquête sur les achats de Noël, révélée par le Figaro :

http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/le-livre-cadeau-phare-de-noel-2012-786130#xtor=EPR-226